Marie Cordier
21/10/2026
4
min
Admin & Fiscalité

Depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique entre progressivement dans le quotidien des agriculteurs. La facturation électronique dans le monde agricole concerne le secteur dans toute sa diversité : exploitants individuels, EARL, GAEC, SCEA, grandes structures ou professionnels au régime micro-BA. Elle ajoute de nouvelles règles à un secteur déjà confronté à des obligations administratives complexes. Mais bien préparée, elle offre aussi l’occasion d’automatiser la gestion des factures, de mieux suivre les paiements et de faciliter les échanges avec l’expert-comptable.
La réforme vise toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France. Au sens de la loi, est assujettie toute personne qui réalise une activité économique de manière indépendante.
Ainsi, tous les exploitants agricoles sont concernés par la réforme, quels que soient :
💡 Voir aussi : “Qui est concerné par la facturation électronique ?”.
Oui ! Le régime d’imposition des bénéfices n’a pas d’impact sur l’assujettissement à la TVA. Bénéficier du régime micro-BA (micro-bénéfices agricoles) ne dispense donc pas de ses obligations en matière de facturation électronique. Un exploitant en micro-BA reste soumis aux mêmes règles qu’un auto-entrepreneur : réception dès 2026, émission et e-reporting en 2027.
Oui ! Une exploitation au RFA est dans le périmètre de la réforme même si elle ne collecte pas la TVA : elle demeure assujettie, sans être redevable.
🔎 Le principe général du remboursement forfaitaire agricole reste le même après la réforme. L’acheteur assujetti établit la facture d’achat (ou le bulletin d’achat) et délivre chaque année une attestation de vente. Sur cette base, l’exploitant demande à la DGFiP un remboursement calculé sur le montant de ses ventes, au taux de 5,59% pour les produits d’origine animale (lait, œufs, animaux de boucherie) et de 4,43 % pour les autres produits.
La réforme est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Cependant, le calendrier de la facturation électronique s’échelonne en deux temps. L’émission et l’e-reporting démarrent dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI (voir classification Insee des entreprises), mais seulement un an plus tard pour les TPE / PME.
En France, la grande majorité des exploitations agricoles relève de la catégorie des TPE / PME. Le calendrier est donc le suivant :
Une facture électronique n’est pas un simple PDF envoyé par mail : c’est un fichier de données structuré conçu pour être transmis et intégré automatiquement par des logiciels.
💡 Pour en savoir plus sur les formats de facture électronique (CII, UBL ou Factur-X), consultez nos guides dédiés.
Dans le cadre de la réforme, les plateformes agréées sont l’intermédiaire indispensable pour gérer les nouvelles obligations de facturation. Immatriculée par l’administration fiscale (DGFiP), la plateforme agréée :
Elle peut être couplée à différentes solutions compatibles adaptées aux problématiques métiers.
L’e-invoicing correspond à l’obligation d’émettre, transmettre et recevoir des factures électroniques. Il concerne les opérations réalisées entre deux assujettis à la TVA établis en France, lorsqu’elles entrent dans le champ de la TVA française.
En d’autres termes, lorsqu’un agriculteur achète ou vend un produit ou service à un professionnel établi en France (hors activités exonérées de TVA), une facture électronique doit être émise. Par exemple, lorsqu’une exploitation fournit des légumes à un restaurant ou vend du lait à une coopérative, l’opération entre dans le champ du e-invoicing.
L’e-reporting consiste à transmettre périodiquement des données de transaction (et, dans certains cas, des données de paiement) à l’administration via sa plateforme agréée.
L’e-reporting des données de transaction porte sur les principales opérations qui ne relèvent pas de l’e-invoicing :
🔎 Un e-reporting des données de paiement est également exigé dans le cadre de la facturation des prestations de services, lorsque la TVA est exigible à l’encaissement (absence d’option pour la TVA sur les débits).
Certaines opérations agricoles ne sont concernées ni par l’e-invoicing ni par l’e-reporting. Il s’agit notamment des opérations exonérées en application des articles 261 à 261 E du CGI, et des sommes qui ne constituent pas la contrepartie d’une vente ou d’une prestation.
C’est le cas de :
🔎 Pour les agriculteurs qui facturent des entités publiques, la facturation électronique via Chorus Pro, obligatoire depuis 2020, reste d’actualité après la réforme. Ces opérations ne sont donc pas concernées par le e-invoicing et l’e-reporting sur les plateformes agréées : elles relèvent de leur propre système de facturation électronique.
🔎 Une particularité du régime agricole : pour les exploitants au RSA, la TVA sur les ventes devient en principe exigible lors de l’encaissement (hors option pour les débits ou facture antérieure à l’encaissement). La plateforme doit donc tenir compte du régime d’exigibilité réellement appliqué pour déterminer si des données de paiement doivent être transmises à l’administration via le statut “encaissée”.
Des sanctions sont prévues en cas de non-respect des obligations et du calendrier. Pour en savoir plus, consultez notre article “Amendes facturation électronique”.
Au-delà des principaux cas d’usage de la facturation électronique, une exploitation agricole est confrontée à des situations particulières. La plateforme agréée de l’agriculteur, seule ou couplée à une solution compatible, doit prendre en charge ces flux.
Les ventes aux coopératives passent généralement par l’auto-facturation : la coopérative émet la facture pour votre compte, sur mandat. Cette pratique reste possible avec la réforme et relève de l’e-invoicing. Cependant, le circuit classique est inversé, puisque c’est la plateforme du client qui émet la facture et l’envoie à celle de l’agriculteur.
Bien souvent, le règlement se construit en plusieurs étapes : acompte sur un prix prévisionnel, puis primes, ristournes ou complément de prix en fin de campagne. Chacune de ces sommes donne lieu à une facture électronique distincte ou un avoir.
Enfin, la compensation reste possible lorsque vous achetez des intrants auprès de la coopérative à laquelle vous vendez des produits. Cependant, l’achat et la vente ne peuvent plus figurer sur la même facture : il en faut désormais deux distinctes (voir détails).
Ces ventes relèvent de l’e-invoicing classique : vous émettez la facture, et votre client la reçoit sur sa plateforme agréée. Votre plateforme doit pouvoir ventiler les produits par taux de TVA et rapprocher les avoirs des factures.
Un point mérite votre attention si vous livrez régulièrement le même client. La facture périodique reste autorisée, mais la période facturée ne peut plus dépasser un mois, et chaque livraison doit apparaître sur une ligne distincte. Les regroupements trimestriels ou saisonniers disparaissent donc. Un module de facture à établir à partir des bons de livraison simplifie ce suivi.
Quel que soit le point de vente, vos ventes au consommateur relèvent de l’e-reporting : vous transmettez périodiquement (tous les 10 jours, chaque mois ou tous les 2 mois selon le régime de TVA) des totaux agrégés par taux de TVA, sans détail client.
L’interopérabilité entre le logiciel de caisse et la plateforme agréée devient un enjeu critique. Elle permet d’automatiser le calcul des totaux à déclarer à partir des récapitulatifs journaliers (« super Z de caisse »), voire leur transmission périodique.
Vos livraisons intracommunautaires et vos exportations hors UE relèvent désormais de l’e-reporting.
Vous continuez donc d’adresser une facture commerciale à votre client européen, sous la forme convenue avec lui. Ce sont les données de l’opération ainsi que du paiement que votre plateforme transmet à l’administration française.
Intrants, énergie, eau, matériel en crédit-bail (leasing), travaux de CUMA ou d’ETA, services vétérinaires ou administratifs… La gestion d’une exploitation implique de nombreuses charges.
Depuis le 1er septembre 2026, vous recevez vos factures d’achat ou de leasing sous deux formes :
Dans cette période de transition, un outil permettant de centraliser au maximum cette double gestion est un atout.
💡 Kolecto, par exemple, propose à la fois une plateforme agréée et une solution compatible avec des fonctionnalités comme le scan des justificatifs papiers ou l’import automatique des factures PDF.
Votre fournisseur étranger ne relève pas de la réforme française. Vous ne recevez donc pas sa facture par votre plateforme agréée, et demeurez responsable de déclarer l’opération à l’administration fiscale.
Plusieurs cas de figure peuvent se présenter :
Passez à la facturation électronique avec les experts Kolecto

Dans un secteur cumulant pression économique, complexité administrative et spécificités comptables, la réforme de la facturation électronique suscite des réserves. Pourtant, elle peut contribuer à moderniser et alléger la gestion, à condition d’opter pour une solution adaptée aux particularités de l’activité :
Ces cas pratiques le montrent : une même exploitation cumule souvent des flux relevant de régimes différents. Mettre en place une organisation permettant de gérer l’ensemble de ces flux (réception d’auto-factures de coopérative, e-reporting B2C connecté à la caisse, opérations internationales, factures fournisseurs au format papier…) est un enjeu crucial.
Une exploitation peut appliquer plusieurs taux de TVA selon la nature et la destination de ses produits : 20 %, 5,5 %, 10 % ou, dans certains cas précis, 2,1 %. Selon son régime (RFA ou RSA) et le type d’opérations réalisées, il peut également être amené à établir des factures sans TVA. Son outil de facturation doit gérer simplement cette complexité.
Déclarations PAC, traçabilité et registre sanitaire, suivi vétérinaire, cahiers des charges bio ou AOP, déclarations MSA : l’agriculteur gère déjà un volume administratif important. Ce travail se fait souvent le soir, après la journée sur le terrain. Plus qu’une contrainte supplémentaire, la dématérialisation de la facturation est une opportunité d’alléger la charge et de gagner en réactivité. La question de la saisonnalité est aussi cruciale : un agriculteur doit pouvoir gérer de manière fluide les pics simultanés d’activité et de facturation.
Beaucoup d’exploitations fonctionnent encore avec des factures papier, des classeurs et des tableurs. Le passage au format structuré impose une nouvelle organisation, de nouveaux réflexes, mais aussi un coût initial pour s’équiper. Cependant, à moyen terme, il peut être largement compensés par le gain de temps et d’efficacité.
La réforme est l’occasion pour les agriculteurs de tirer parti des avantages de la facturation électronique. Les bénéfices potentiels pour les entreprises agricoles sont nombreux et concrets :
💡 Témoignages : découvrez comment un logiciel comme Kolecto simplifie la gestion de l’exploitation La Belle Union ou des activités de viticulture et de maraîchage de la famille Riousset.
Vous l’aurez compris : la facturation électronique pour les agriculteurs peut devenir une opportunité, à condition de choisir une solution réellement adaptée à ses usages métier.
La liste officielle des plateformes agréées comprend une centaine d’acteurs avec chacun ses spécificités. Voici les critères à prendre en compte pour faire le choix de la meilleure plateforme de facturation électronique pour votre exploitation :
Avant de comparer les solutions, commencez par cartographier soigneusement vos opérations. Interrogez ensuite l’éditeur :
En cas de doute sur vos flux ou votre régime de TVA, vous pouvez vous rapprocher de votre expert-comptable, de votre Chambre d’agriculture ou de votre conseiller de gestion.
Pour gagner du temps au quotidien, vous avez besoin d’une interface simple, intuitive, sans fonctionnalité superflue. Profitez des périodes d’essai pour prendre l’outil en main avant de vous engager.
Pour pouvoir retrouver une facture lorsque vous êtes à l’extérieur, scanner un justificatif dès la sortie du magasin ou suivre vos paiements à tout moment, privilégiez une application mobile efficace.
La plateforme doit dialoguer avec la banque, la caisse et le logiciel de comptabilité agricole. Cette continuité améliore le suivi de trésorerie et le rapprochement bancaire, tout en automatisant les saisies.
Vérifiez aussi la question des accès : permettre à votre expert-comptable ou à votre conjoint collaborateur d’accéder directement aux données vous fera gagner un temps précieux.
Beaucoup d’agriculteurs gèrent plusieurs structures et activités : EARL d’élevage, SAS de méthanisation, entreprise individuelle d’agrotourisme...
Dans ce cas, la solution doit séparer les entités, les établissements, les numérotations et les droits d’accès, tout en offrant une vue consolidée lorsque cela facilite le pilotage.
Comparez trois offres au minimum, comme le recommande le CNOEC (Conseil national de l’ordre des experts-comptables). Analysez :
Connecter une ou plusieurs solutions compatibles à votre plateforme agréée reste la meilleure manière d’allier conformité et réponse à vos enjeux métiers. Un acteur comme Kolecto s’adapte aux besoins spécifiques des professionnels de l’agriculture en proposant à la fois une plateforme agréée, une solution compatible et de nombreuses intégrations avec vos outils métier. De quoi tirer le meilleur parti de la facturation électronique et transformer une contrainte réglementaire en réelle opportunité.