Marie Cordier
15/10/2026
5
min
Admin & Fiscalité

La réforme de la facturation électronique impose un cadre technique précis. Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises établies en France doivent pouvoir recevoir (et, pour les plus grandes, émettre) des factures structurées via une plateforme agréée. Factur-X, CII et UBL sont les trois formats de facture électronique qui constituent le socle de cette réforme. UBL est un fichier XML normalisé lisible par les logiciels. Découvrez le fonctionnement d’une facture au format UBL, sa structure, ses caractéristiques techniques, ses avantages et ses différences avec les autres formats.
UBL signifie Universal Business Language, ou langage universel des affaires. Il s’agit d’un standard ouvert, créé par l’organisme OASIS pour organiser les données des documents commerciaux dans un fichier XML normalisé. Cette structure standardisée permet aux logiciels compatibles de reconnaître et de traiter automatiquement les informations.
💡 Le format UBL ne concerne pas uniquement les factures. Il peut aussi structurer d’autres documents commerciaux, comme les bons de commande, les catalogues ou les avis d’expédition numériques.
La version UBL 2.1 est reconnue comme norme internationale sous la référence ISO/IEC 19845. Un fichier conforme peut ainsi être interprété selon les mêmes règles par un ERP allemand, un logiciel comptable français ou le système d’une administration belge. En France, ce format était déjà accepté par Chorus Pro pour les factures adressées aux entités publiques (facturation B2G) avant la généralisation de la facturation électronique entre entreprises.
🔎 La réforme de la facturation électronique est entrée en vigueur en France. Elle impose aux entreprises et professionnels assujettis à la TVA de choisir une plateforme agréée, sous peine de sanctions (voir amendes facturation électronique). Ces plateformes permettent aux structures concernées de respecter leurs obligations d’e-invoicing et e-reporting en conformité avec les échéances prévues par le calendrier de la facturation électronique.
La réforme française s’appuie sur un socle minimal de trois formats de facture électronique : Factur-X, UBL et CII. Ce socle commun facilite la circulation des factures entre les différents logiciels et plateformes et garantit ainsi l’interopérabilité des échanges.
Les trois formats du socle sont conformes à la norme européenne EN 16931, élaborée par le Comité européen de normalisation (CEN) dans le cadre de la directive 2014/55/UE. Cette norme définit les informations et les règles métier d’une facture électronique et sert de référence commune à la facturation électronique en Europe. UBL et CII traduisent ce modèle sémantique dans la syntaxe qui leur est propre. Factur-X, quant à lui, est basé sur un fichier XML au format CII associé à un PDF.
Les plateformes agréées doivent obligatoirement lire les trois formats du socle : UBL, CII et Factur-X. Les entreprises ne sont pas obligées d’utiliser UBL : elles émettent dans l’un des trois formats du socle.
La règle est simple : on choisit le format qu’on émet, jamais celui qu’on reçoit. En réception, le format est imposé par le fournisseur. Votre plateforme agréée assure donc la réception des trois formats, la conversion de format si nécessaire et une visualisation lisible de chaque facture. Le seul vrai choix est un choix d’outillage : le logiciel retenu détermine le format d’émission.
Certaines plateformes acceptent aussi des formats EDI propres à un secteur, qu’elles convertissent ensuite dans un format du socle.
Une facture UBL est un fichier XML (Extensible Markup Language). Chaque information est encapsulée dans une paire de balises. Ce langage permet aux logiciels d’identifier et de hiérarchiser automatiquement les données selon une structure précise.
🔎 Pour aller plus loin : Une facture UBL respecte une arborescence définie par un schéma XSD. Son en-tête déclare des espaces de noms qui permettent au logiciel d’identifier les différents types de composants :
Voici un extrait simplifié des principaux blocs d’une facture :
<cbc:ID>FA-2026-0184</cbc:ID> → Numéro de facture
<cbc:IssueDate>2026-09-15</cbc:IssueDate> → Date d’émission
<cbc:InvoiceTypeCode>380</cbc:InvoiceTypeCode> → Nature du document (code 380 = facture commerciale)
<cac:AccountingSupplierParty> → Identification du fournisseur
<!-- Informations sur le fournisseur -->
</cac:AccountingSupplierParty>
<cac:AccountingCustomerParty> → Identification du client
<!-- Informations sur le client -->
</cac:AccountingCustomerParty>
<cac:LegalMonetaryTotal> → Totaux et prix à payer
<cbc:PayableAmount currencyID="EUR">1440.00</cbc:PayableAmount>
</cac:LegalMonetaryTotal>
Contrairement à un PDF classique, le fichier UBL est conçu pour être traité par une machine, et non par un humain :
Dans le cadre de la facturation électronique, les factures au format UBL sont ainsi transmises d’une plateforme agréée à l’autre sans retraitement humain.
La structure normalisée d’UBL facilite les contrôles automatisés et la traçabilité des échanges. Elle permet notamment aux logiciels de vérifier la présence et la cohérence de certaines données.
💡 Pour aller plus loin, consultez notre guide dédié aux formats de facture électronique.
Le format UBL contient uniquement des données structurées. Le standard franco-allemand Factur-X (ou ZUGFeRD, son équivalent allemand), en revanche, correspond à un format hybride. Il embarque un XML au format CII dans un PDF. Il est donc à la fois lisible et imprimable par un professionnel, et exploitable par un logiciel.
Ainsi :
Les deux formats sont des XML purs et portent les mêmes données réglementaires. La différence tient au vocabulaire et à l’arborescence des balises, ainsi qu’à l’écosystème concerné.
En pratique, le choix du format se fait rarement en interne : il dépend de vos logiciels (facturation, comptabilité, ERP), du réseau utilisé et des habitudes de vos partenaires. La conversion est assurée par la plateforme agréée.
Passez à la facturation électronique avec les experts Kolecto

Au-delà des avantages de la facturation électronique, le format UBL présente des atouts spécifiques.
Le format UBL est particulièrement pertinent pour :
Pour une TPE ou une PME, l’équation est différente. Le format Factur-X est souvent plus confortable grâce à la présence d’un PDF directement lisible et imprimable. Le critère décisif reste cependant la simplicité du logiciel choisi, puisque l’utilisateur n’a pas à gérer directement les formats de facturation.
En pratique, en tant que professionnel, vous n’avez pas à produire ni manipuler vous-même des fichiers UBL. Votre plateforme agréée génère ou convertit automatiquement la facture dans le format adapté à l’opération. La gestion technique des formats se déroule « en coulisses », d’outil à outil, selon le schéma de la facturation électronique.
L’immatriculation officielle par l’administration fiscale garantit que la plateforme agréée respecte les exigences de la réforme, et notamment qu’elle est capable de gérer les trois formats du socle de la facturation électronique. Pour les professionnels, l’enjeu consiste avant tout à s’assurer que leur plateforme agréée saura répondre à leurs besoins annexes :
💡 Pour bénéficier de fonctionnalités métier avancées ou d’une interface simplifiée, il est aussi possible de passer par une solution compatible connectée à sa plateforme agréée.
Le processus pour générer et envoyer une facture au format UBL est le suivant :
💡 Pour en savoir plus, consultez notre guide « Comment faire une facture électronique ? »
En résumé, le format UBL constitue un langage commun entre les logiciels. Sa structure facilite l’intégration des factures, les contrôles automatisés et les échanges internationaux. Pour l’utiliser dans le cadre de la facturation électronique, nul besoin de savoir manipuler des balises XML. Les plateformes agréées comme celle proposée par Kolecto prennent la question des formats en charge. Pour les professionnels, l’enjeu consiste avant tout à choisir un outil compatible avec leurs logiciels, leurs partenaires et les exigences techniques de leur activité.