Marie Cordier
6/7/2026
7
min
Admin & Fiscalité

Vous avez avancé une dépense pour le compte d'un client et souhaitez en obtenir le remboursement sans que cela n’impacte votre chiffre d'affaires ? C'est précisément le rôle des débours. Ce mécanisme permet de récupérer certaines sommes engagées au nom du client, en respectant des règles strictes en matière de facturation, de TVA et de comptabilité. Mandat préalable, note de débours, justificatifs, facture finale : découvrez comment facturer correctement des frais de débours et sécuriser leur traitement fiscal.
Un débours est une dépense réglée par un professionnel (prestataire) pour le compte de son client, sur mandat préalable de ce dernier. Concrètement, le prestataire avance une somme afin d'effectuer un achat nécessaire à la réalisation de sa mission. Le client rembourse ensuite exactement le montant engagé.
La dépense est juridiquement réalisée au nom du client. Le fournisseur facture donc directement ce client final, et non le prestataire. Ce dernier avance uniquement les fonds, sans réaliser de marge sur cette dépense.
🔎 À noter : les indemnités kilométriques, les frais de fonctionnement du prestataire ou encore les achats réalisés en son nom ne peuvent pas faire l’objet de débours.
La note de débours est le document permettant de demander le remboursement d'une dépense avancée pour le compte d'un client. Elle est parfois appelée “facture de débours”, bien qu’il ne s’agisse pas véritablement d’une facture. Elle détaille les dépenses avancées et les justificatifs associés.
Le montant demandé correspond au montant réellement payé. Aucune marge n’est appliquée et aucune TVA supplémentaire n’est facturée.
La note de débours ne doit pas être confondue avec la facture finale (facture d’acompte, facture de situation ou facture de solde), qui permet au prestataire de facturer sa prestation. Les frais de débours peuvent y apparaître sur une ligne distincte afin de faciliter le remboursement et le suivi comptable, mais cela ne dispense pas d’émettre une note de débours.
Selon l'activité exercée, plusieurs dépenses peuvent être concernées :
La gestion des frais de débours est strictement encadrée et exige une grande rigueur administrative.
Avant toute dépense, vous devez obtenir un accord écrit de votre client. Ce mandat doit préciser la nature de la dépense autorisée et le plafond maximum alloué. Il autorise le prestataire à avancer les fonds et à faire établir la facture au nom du client.
⚠️ Attention : sans mandat, les sommes avancées ne relèvent plus des débours mais de la refacturation. En cas de contrôle de l'administration fiscale, le prestataire risque un redressement fiscal.
Gardez l'original de chaque facture fournisseur. Ces pièces sont la preuve que la dépense a bien été engagée au nom du client. Conservez également les justificatifs de paiement ainsi que le mandat signé.
La facture du fournisseur doit être établie au nom du client final, et non à votre nom. Si elle est à votre nom, la dépense ne peut pas être traitée en débours. Elle devient une charge de votre entreprise, que vous refacturez avec votre propre TVA.
La note de débours doit mentionner :
Pour faire votre facture finale, vous devez respecter toutes les règles qui encadrent la facturation des prestations de services, notamment les mentions obligatoires. Pour cela, n’hésitez pas à utiliser un modèle de facture ou un logiciel de facturation.
Les frais de débours doivent être clairement distingués de votre prestation. Créez une ligne distincte intitulée “Remboursement de débours”. Indiquez le montant TTC exact payé, sans ajouter de TVA, ainsi que la référence de la note de débours correspondante.
La nouvelle obligation de facturation électronique impacte la gestion des débours. À compter de septembre 2027, les PME, TPE et auto-entrepreneurs devront facturer leurs clients professionnels basés en France depuis une plateforme agréée. Si vous facturez régulièrement des débours, il est donc important de s’assurer que votre solution les prend en charge.
🔎 Pour en savoir plus sur cette réforme, consultez nos articles sur le calendrier de la facturation électronique et les entreprises concernées, et découvrez comment faire une facture électronique.
La plateforme agréée de Kolecto incluse dans tous les forfaits

Sophie est graphiste en micro-entrepreneuse et facture la TVA. Elle réalise une identité visuelle pour un client. Elle avance 85,20 € TTC de frais d'impression chez un imprimeur, la facture étant établie au nom du client.
Remboursement de débours - Sommes avancées pour le compte de [Nom du client], sur mandat du [date du mandat].
Bien qu’il ne s’agisse pas d’une facture sans TVA, la ligne “Remboursement de débours” n'est pas soumise à TVA. Elle représente strictement le remboursement des frais avancés.
Ces trois notions sont souvent confondues. Pourtant, elles ont des implications fiscales radicalement différentes.
Une note de frais concerne une dépense supportée par un dirigeant ou un salarié puis remboursée par l'entreprise. La note de débours, quant à elle, est émise par un prestataire extérieur au nom de l’entreprise.
La refacturation concerne une dépense engagée au nom du prestataire puis refacturée au client. Contrairement aux frais de débours, la dépense n’est pas réalisée directement au nom du client.
La refacturation n’exige pas la signature préalable d’un mandat écrit. Son impact pour le prestataire est différent de celui des débours : la somme entre dans le chiffre d’affaires et suit les règles habituelles de TVA. De plus, le prestataire peut facturer une marge sur la somme réellement payée, ce qui n’est pas possible pour les frais de débours.
🔎 En pratique : Éric, consultant en mission, réserve et règle un hôtel à son nom puis le refacture. Il ne s'agit pas d'un débours. La somme doit être refacturée en appliquant la TVA (selon son régime) et une éventuelle marge. Le total sera inclus dans le chiffre d’affaires.
Le BOFiP (BOI-TVA-BASE-10-10-30) dispose que les débours sont exclus de la base d’imposition.
Contrairement aux frais refacturés, les frais de débours ne sont pas intégrés au chiffre d’affaires (article 267 du Code général des impôts).
Cela rend le mécanisme particulièrement avantageux pour les micro-entrepreneurs, pour deux raisons.
Le micro-entrepreneur n’a pas besoin d’intégrer les débours dans ses déclarations de chiffre d’affaires à l’Urssaf, ses déclarations d’impôt sur le revenu ou ses déclarations de TVA (si concerné). La seule contrainte concerne la facturation et l’archivage des justificatifs.
Pour les entreprises soumises au régime réel d’imposition, les débours ne constituent ni une charge ni un produit. Ils correspondent à des sommes avancées pour le compte d’un client et doivent être traités de manière neutre en comptabilité.
Les sommes transitent par un compte de tiers du plan comptable, généralement le compte 467 “Autres comptes débiteurs ou créditeurs” :
Les débours n’impactent pas le chiffre d’affaires, ils ne sont pas intégrés au résultat imposable, et ne constituent pas une charge déductible. Ils n’ont aucun effet sur la performance comptable de l’entreprise.
Pour bénéficier de la neutralité fiscale des débours, il est important de respecter des règles précises.
Pour les auto-entrepreneurs comme pour les TPE et PME, une gestion rigoureuse des débours permet de sécuriser la comptabilité et les déclarations fiscales, d'éviter les erreurs de TVA et de distinguer clairement les sommes encaissées pour le compte des clients des véritables revenus de l'entreprise.