Marie Cordier
3/6/2026
11
min
Actus

La réforme de la facturation électronique entrera progressivement en vigueur à partir de septembre 2026.
Portée par l’administration fiscale, cette évolution réglementaire va transformer en profondeur les pratiques de facturation, de gestion comptable et de suivi de la TVA. Les entreprises vont devoir intégrer de nouveaux processus électroniques, basés sur des plateformes agréées et des échanges de données structurées
La dématérialisation des factures consiste à remplacer les factures papier par des documents numériques.
Cependant, pour bien comprendre la réforme en cours, il faut distinguer plusieurs niveaux :
C'est ce dernier format qu'impose la réforme pour les opérations B2B domestiques.
Contrairement à une facture PDF, une facture électronique n’est pas une simple pièce jointe. C’est un flux de données structuré, qui transite entre des systèmes selon le principe de l’EDI (échange de données informatisé).
Dans le cadre de la réforme, trois formats de facture électronique sont acceptés :
Tous reposent sur un fichier XML (Extensible Markup Language), un langage qui permet de hiérarchiser des informations sous forme de texte grâce à un système de balises. Cela permet un traitement automatique des données.
Le format Factur-X comprend également un PDF, ce qui le rend plus facilement lisible par l’humain.
Une facture électronique ne s’envoie pas par mail. Elle circule obligatoirement entre des plateformes agréées (anciennement appelées PDP).
Ces solutions officiellement immatriculées par l’administration fiscale assurent :
Un autre acteur intervient dans la transmission des factures électroniques et des données de facturation : le PPF (Portail public de facturation).
Il joue un double rôle :
Il s’agit d’une infrastructure technique, indispensable au bon fonctionnement du circuit de la facturation électronique mais qui n’intervient pas directement sur les factures.
Après sa création, une facture électronique suit un parcours précis, matérialisé par 4 statuts officiels :
Les entreprises comme l’administration peuvent suivre ces statuts en temps réel.
💡 Statuts obligatoires ou facultatifs : toutes les plateformes agréées doivent impérativement proposer ces 4 statuts obligatoires car ce sont ceux que l’administration fiscale doit recevoir. Il existe également de nombreux statuts facultatifs (approuvée, approuvée partiellement, en litige…) qui peuvent être librement proposés par les plateformes agréées.

Dès le 1er septembre 2026, de nouvelles règles vont s’imposer pour certaines opérations. Faisons le point sur les obligations liées à la facturation électronique, leurs modalités d’application et le calendrier à connaître.
La réforme de la facturation électronique concerne tous les assujettis à la TVA en France, c’est-à-dire toutes les structures et personnes :
En d’autres termes : toutes les entreprises (indépendants, TPE, PME, ETI, grandes entreprises) sont concernées, mais avec des modalités d’application variables.
La réforme instaure deux mécanismes complémentaires, selon la nature de vos opérations.
L'e-invoicing s'applique aux transactions B2B domestiques, c'est-à-dire entre deux entreprises assujetties à la TVA établies en France. Il impose d'émettre et de recevoir des factures dans un format électronique structuré, via une plateforme agréée.
L'e-reporting couvre les opérations hors champ de l'e-invoicing : ventes aux particuliers (B2C) ou transactions internationales. Dans ces cas, vous n'avez pas d'obligation de facturation électronique. En revanche, vous transmettez périodiquement à l’administration fiscale les données clés de vos transactions (montants, TVA, dates…), via votre plateforme agréée.
Deux types d’opérations sont exclues à la fois du champ du e-invoicing et de celui du e-reporting :
Le calendrier de la réforme prévoit un déploiement en deux étapes de la facturation électronique :
💡 Le saviez-vous ? Une phase pilote est en cours depuis fin février 2026 jusqu'au 31 août 2026. Elle permet aux entreprises équipées de commencer à échanger des factures électroniques à titre expérimental, sans attendre l'obligation.
L’essentiel pour anticiper la réforme et passer à la facturation électronique en toute sérénité.

À partir du 1er septembre 2026, la réforme impose à toutes les entreprises d’être capables de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'obligation de réception ne dépend pas de la taille de votre structure : TPE, PME et auto-entrepreneurs sont aussi concernés dès cette première échéance.
Les premières entreprises à basculer vers la facturation électronique seront vos grands fournisseurs du quotidien :
Entre septembre 2026 et septembre 2027, vous recevrez deux types de factures en parallèle :
Cette coexistence complique le suivi si vos outils ne sont pas adaptés. La solution : un outil unique capable de traiter les deux types de documents, comme le module de gestion des achats de la Plateforme Agréée de Kolecto.
Artisan du bâtiment : vous recevrez une facture électronique de votre grossiste en matériaux (grande entreprise), mais encore une facture PDF de votre sous-traitant indépendant. Votre plateforme doit gérer les deux.
Cabinet de conseil : vos abonnements logiciels (CRM, outil de gestion de projet) basculeront en facturation électronique dès 2026. La récupération automatique des données des factures d’achat vous économise une saisie comptable chronophage.
Commerce de détail : les factures de vos fournisseurs de grande distribution seront électroniques dès 2026. L'intégration automatique en comptabilité accélèrera les rapprochements.
L'obligation d'émettre des factures électroniques à vos clients professionnels français dépend de la taille de votre entreprise :
Selon votre activité, vous pouvez être amené à gérer simultanément :
Un logiciel de gestion des ventes complet vous permet de gérer tous ces flux depuis un seul outil, sans jongler entre plusieurs solutions. L’objectif, à terme, sera d’harmoniser vos méthodes de facturation autant que possible.
Les plateformes de facturation électronique facilitent le suivi des paiements :
Agence de communication : vous émettez des factures mensuelles à des clients professionnels. Dès septembre 2027, ces factures doivent être envoyées via votre plateforme agréée, dans un format structuré.
Commerçant : vos ventes aux particuliers restent en dehors de l'e-invoicing, mais soumises à l'e-reporting. Une plateforme agréée vous permettra de gérer les deux obligations. Veillez aux intégrations possibles avec vos outils métiers : logiciel de caisse, site e-commerce…
Consultant freelance : vous facturez vos clients professionnels en fonction de l’avancement des missions (acomptes, factures intermédiaires, solde). Dès septembre 2027, chaque facture devra être émise via une plateforme agréée, ce qui permettra un suivi précis des statuts.
🔎 Pourquoi l'État accélère la dématérialisation ? L’administration fiscale poursuit plusieurs objectifs avec cette réforme : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les obligations déclaratives, moderniser l'économie et aligner la France sur les standards européens de facturation électronique (directive ViDA).
Les avantages de la facturation électronique représentent une réelle opportunité de moderniser votre gestion.
Ce nouveau fonctionnement implique aussi des contraintes. Bien les identifier avant de se lancer vous permettra d’aborder la réforme avec sérénité.
Préparer la transition, choisir une plateforme fiable et anticiper la formation réduit fortement ces risques.
Tout d’abord, même si s’équiper d’une plateforme agréée est indispensable, il n'existe pas un seul schéma d'organisation. Selon votre situation et votre relation avec votre expert-comptable, trois approches sont envisageables.
Votre cabinet comptable s'équipe d'une plateforme agréée pour gérer la facturation électronique de ses clients. Vous déposez vos documents, il prend en charge le traitement. Ce modèle convient si vous souhaitez déléguer au maximum.
Vous choisissez une solution compatible adaptée à votre activité, et vous vous assurez qu'elle s'interface correctement avec la Plateforme Agréée sélectionnée pour vous par votre expert-comptable. Vous gardez la main sur votre gestion quotidienne, tout en facilitant la transmission des données comptables. Ce modèle peut vous permettre de continuer à travailler avec votre logiciel de facturation habituel s’il remplit les exigences de compatibilité.
Dernière option : choisir une plateforme agrééede manière autonome. Vous êtes alors l'utilisateur principal de la solution. Vous gérez vos factures fournisseurs et clients en direct, et vous ouvrez un accès à votre expert-comptable pour qu'il consulte, exporte ou intègre les données dont il a besoin.
💡 Le saviez-vous ? Kolecto propose un modèle flexible, associant plateforme agréée et solution compatible, pour s’adapter à tous les besoins.
Toutes les plateformes agréées ne sont pas adaptées à toutes les entreprises. Au-delà de l’immatriculation administrative, différents points sont à vérifier avant de vous engager.
La gestion de formats mixtes, la possibilité de paramétrer des accès utilisateurs personnalisés ou encore l’accès à des tableaux de bord complets sont des atouts.
Si votre activité implique une facturation particulière, assurez-vous que la plateforme saura prendre ces flux en charge.
Une interface complexe freine l'adoption. Privilégiez une solution dimensionnée pour vos besoins et adaptée à vos compétences informatiques, avec un support réactif.
Votre plateforme doit s’intégrer dans votre écosystème numérique. Elle doit être compatible avec vos outils métiers et ceux de votre cabinet d’expertise comptable.
La phase pilote, en cours jusqu'au 31 août 2026, est une opportunité concrète de bien vous préparer. Elle vous permet de :
En résumé, la réforme de la facturation électronique impose un véritable changement de modèle pour la facturation professionnelle. Cette transformation impose d’adapter vos outils et votre organisation, mais elle offre aussi des bénéfices concrets : gain de temps, fiabilité renforcée, meilleure visibilité sur votre trésorerie.