Marc Nouaux
22/7/2026
4
min
Admin & Fiscalité

La facture de solde, appelée aussi facture finale, facture soldée ou facture définitive, intervient à la toute fin d’une prestation ou à la livraison d’un chantier. Très courante dans le BTP, elle permet de clôturer un projet en demandant le règlement final prévu dans le contrat, déduction faite des acomptes et des factures intermédiaires déjà émis. Mais comment fonctionne une facture de solde, quelles sont les obligations légales à respecter et comment les générer avec la réforme de la facturation électronique à venir ? Explications.
Les points à retenir :
Une facture de solde, également appelée facture finale, est le document comptable émis à l'issue d'une prestation ou d'un chantier afin de clôturer la relation commerciale entre le prestataire et le client. Elle intervient une fois que l'ensemble des travaux a été réalisé ou que toutes les marchandises ont été livrées. Cette facture récapitule le montant total dû, déduction faite des acomptes ou factures intermédiaires déjà émis, et permet de déterminer le solde restant à payer par le client.
⚠️ Attention ! La notion de facture de solde est à ne pas confondre avec le solde de tout compte, qui est une notion RH et qui renvoie à un document répertoriant les sommes versées au salarié à l’occasion de la rupture du contrat de travail.
La facture de solde intervient toujours au moment où tous les services ou toutes les prestations prévus dans le devis ou contrat sont achevés. Les cas suivants déclenchent l’émission d’une facture de solde :
La facture de solde n’est obligatoire que si des factures de situation ou d’acompte ont déjà été transmises. En effet, sans ces paiements intermédiaires, on n’émet pas une facture finale mais une facture classique en fin de prestation. Cette facture n’est alors rattachée à aucune autre facture.
Il existe une confusion courante au sujet des différents types de facture (acompte, situation, solde). Petit rappel pour les distinguer :
Ces trois factures sont complémentaires car elles interviennent à différents moments du chantier ou de la prestation. Elles permettent de lisser les paiements mais aussi de bien suivre l’évolution d’un projet avec des étapes intermédiaires.
Rappel : Il est important que chaque facture possède un numéro distinct ! En effet, le numéro de facture doit être unique pour éviter tout doublon. Il est donc recommandé d’avoir une numérotation distincte tout en les rattachant, si besoin, au même projet.
Exemple concret de numérotation interne pour un même chantier au sein d’une entreprise du BTP :
En 2026, le chantier numéro 12 a fait l’objet de 3 types de factures. Voici la numérotation pour chacune :
Schéma d’un cycle de facturation dans le BTP avec acompte, situations et facture finale :

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Toutes les factures comportent des mentions obligatoires générales. Selon le type de facture ou le type de transaction, des mentions spécifiques viennent s’ajouter. Les mentions obligatoires spécifiques aux factures de solde sont les suivantes :
La gestion des acomptes est relativement simple. Il suffit de suivre la formule de calcul suivante :
Solde à régler = Montant total HT du devis - acomptes déjà versés - situations déjà facturées (dans le cas où des situations sont établies).
Pour rappel, l’acompte ne génère pas de chiffre d’affaires (seul le paiement final est comptabilisé). Pour l’écriture comptable, chaque acompte doit être enregistré dans un compte 4191 (avances et acomptes reçus). Une fois émise, la facture soldée fait basculer le solde vers le compte 411 (client).
⚠️ Attention : Pensez bien à mettre le numéro de la facture d’acompte correspondante pour faciliter le suivi et le recoupage des informations en lien avec le même projet.
Le principal danger lorsque plusieurs factures se succèdent sur un même projet, c’est de facturer la TVA deux fois. Ainsi, la facture finale doit récapituler les montants de TVA déjà facturés et la TVA collectée en amont afin d’éviter toute double facturation.
Aussi, prenez bien soin d’appliquer le même taux de TVA exigible sur l’ensemble des factures émises sur le même projet. Par exemple, dans le BTP, le taux de TVA applicable peut varier (20 %, 10 %, 5,5 %) selon la nature des travaux réalisés (construction neuve, rénovation, rénovation énergétique…). Il faut que le taux mentionné en acompte corresponde à celui mentionné en facture finale.
En cas de sous-traitance relevant du mécanisme d'auto-liquidation, la facture finale devra également comporter les mentions obligatoires relatives à ce régime spécifique.
⚠️ Rappel : si vous êtes en franchise de base de TVA, pensez à le mentionner dans vos factures en stipulant « TVA non applicable, article 293B du Code Général des Impôts », comme expliqué par Légifrance.gouv.
L’automatisation des factures, c’est un vrai gain de temps et de simplicité pour les entrepreneurs. Avec la mise en place progressive de la réforme de la facturation électronique, les entreprises vont pouvoir accélérer l’automatisation de leurs processus.
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Rappel du calendrier de la réforme de la facturation électronique : au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en capacité de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émission concernera toutes les ETI et grandes entreprises. Le 1er septembre 2027, toutes les entreprises assujetties (y compris les micro-entreprises, TPE et PME) devront aussi émettre des factures électroniques à leurs clients assujettis.
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