Interview de Camille, Engineering Manager chez Kolecto
Arrivée chez Kolecto à ses tout débuts, Camille a accompagné la construction de l’équipe tech et du produit à travers les différentes phases d’évolution de la plateforme.
De la mise en place du premier pilote au passage à l’échelle et à la structuration d’une organisation en hypercroissance, elle revient sur son parcours, sa transition vers le management et les grands jalons qui ont marqué ces trois dernières années.
Des premières passions au choix d’une trajectoire dans la tech
Bonjour Camille. Peux-tu nous dire ce qui t'a amenée au monde de la tech ?
C’est un peu un concours de circonstances. Mon père est ingénieur et très technophile, donc j’ai baigné dans cet univers depuis toute petite. J’ai touché mon premier ordinateur vers mes 5 ans et j’ai commencé à jouer aux jeux vidéo très tôt (Rayman, Adibou…). Ça a sûrement aussi joué sur mon orientation !
J’ai toujours été passionnée par la science, j’avais des facilités à l’école contrairement aux domaines plus littéraires. Quand il a fallu faire un vrai choix d’orientation après mon bac S, j’ai hésité entre école d’ingénieur et médecine. J’ai d’abord essayé médecine, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas fait pour moi.
J’ai donc suivi une prépa accélérée pour intégrer une école d’ingénieurs, où je me suis spécialisée en systèmes d’information. Mon stage de fin d’études dans une agence web a été une révélation : j’ai adoré travailler sur des problématiques concrètes, résoudre des casse-têtes logiques et voir en direct si ce que je faisais fonctionnait ou pas. C’est vraiment ce côté instantané et concret qui m’a d’abord passionné dans le web.
Ça fait plus de 10 ans que tu travailles dans la tech. Tu vois un fil rouge dans ton parcours ? Qu’est-ce qui t'a motivé dans tes choix ?
J’ai toujours aimé me sentir utile et apporter de la valeur aux utilisateurs finaux. Dans chacune de mes expériences, j’ai toujours été très proche du produit ; c’est ça qui me donne le sentiment d'apporter ma pierre à l’édifice.
Naturellement, ma trajectoire professionnelle s’est plutôt orientée vers le management. Le fait que le monde de la tech évolue constamment et très vite m’a aussi influencé vers ce choix. J’avais peur que mes acquis soient rapidement obsolètes, d’être rattrapée par des profils plus jeunes qui maîtrisent de nouvelles technologies. L’essor récent de l’IA illustre bien cette dynamique. Avec le recul, je me rends compte que, quelle que soit la technologie utilisée, il existe toujours des bonnes pratiques pour aborder et résoudre des problématiques.
Les débuts chez Kolecto : construire une équipe et poser les fondations
Quelle a été l’histoire de ton arrivée chez Kolecto ?
A l’été 2022, Neila [Directrice Générale de Kolecto] et Kieran [VP Marketing] m’ont contacté pour me proposer de les rejoindre. Nous avions travaillé dans la même entreprise, chez Supermood, mais pas directement ensemble, et ils connaissaient déjà mon travail et en avaient un bon retour.
Lorsque j’ai passé mon premier entretien, je venais tout juste d’apprendre que j’étais enceinte. J’ai choisi de jouer la carte de la transparence et de leur annoncer la nouvelle. La première chose que Neila m’a dite, c'était : “Félicitations !”. Ça n’a jamais remis en question leur décision de m’embaucher. J’ai donc commencé chez Kolecto en septembre 2022 et y suis restée six mois avant de partir en congé maternité.
À ce moment-là, on était que trois dans l’entreprise : avec une boîte de cette taille, il faut être un vrai couteau suisse ! J’étais le premier membre de l’équipe tech mais une ESN externe travaillait sur le prototype technique.
C’est comme ça que j’ai commencé à mettre un pied dans le management. À l’époque, je n’ai jamais fait une ligne de code. Je faisais de la gestion de projet, de la QA, du produit… ça montre que la tech, ce n’est pas seulement coder. C’est aussi structurer, challenger, guider et faire grandir l’équipe.
Comment as-tu vécu les différents jalons du produit ?
On s’est progressivement séparé de toute cette tech en externe pour internaliser le développement et le produit. Mathis [Lead Product Manager] est rapidement arrivé et on a piloté la première squad de développeurs internes. À ce moment-là, on se préparait à lancer le pilote, c’était une période intense. Je me souviens encore de la date : le 15 avril 2023. On a réussi avec une assez bonne stabilité à sortir ce qu’on voulait sortir, après un an et demi de développement. Nos premiers clients et utilisateurs nous ont rejoints et ça a débloqué pas mal de choses côté produit car on avait enfin des retours immédiats de notre solution. C’était aussi une vraie satisfaction et une fierté de voir que ce qu’on faisait était utilisé et apprécié.
Ensuite on a commencé à déployer Kolecto via les Caisses régionales du Groupe Crédit Agricole : une puis trois puis dix et aujourd’hui presque toutes ! Cela nous a donné non seulement beaucoup plus de visibilité mais aussi plus d’utilisateurs. La croissance sur ces dernières années est vraiment exponentielle.
L’un des gros jalons pour Kolecto a aussi été l’obtention de l’immatriculation définitive de sa Plateforme Agréée par la DGFiP : cette étape a réellement concrétisé notre mission de réponse à la réforme sur la facturation électronique.
Aujourd’hui, dans mon équipe, nous essayons d’adresser notre marché par d’autres acteurs essentiels, notamment les experts-comptables. On repense notre produit en leur proposant une interface adaptée où ils pourront prescrire et centraliser les informations de pré-comptabilité de leur portefeuille.
Avec du recul, je trouve ça passionnant de voir l’évolution et l’ouverture que Kolecto souhaite apporter à son marché et son écosystème.
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Grandir avec l’équipe dans un contexte d’hypercroissance
Tu as fait une transition managériale à l’été 2024. Comment l’as-tu vécu ?
Ça n'a pas toujours été simple pour moi. J’ai d’abord dû apprendre à lâcher prise, à déléguer et à faire confiance. Pour moi, c’est avant tout ça le rôle de manager : bien se connaître soi-même pour ensuite mieux comprendre les autres et permettre à une équipe de grandir. Je pense que c’est important que l’équipe puisse évoluer dans un cadre transparent où chacun peut se faire confiance et où chacun se sent responsable.
Depuis que je suis chez Kolecto, j’ai aussi compris que l’impact business était aussi très important, si ce n’est plus. Avec ma triforce, on essaye d’orienter nos choix et nos décisions par de la data et de manière plus ROIste. C’est aussi ce que j’essaye de transmettre aux équipes tech : comprendre le besoin pour avoir un œil critique sur le produit, et la solution apportée.
Avec l’hypercroissance actuelle, quels sont les enjeux pour Kolecto selon toi ?
On est passé d’une petite équipe de 3 à 50, et maintenant on atteint près de 150 collaborateurs. On est dans une phase de recrutement importante depuis l’année dernière, comme l’illustre notre position #1 dans le classement Tech500 2025. L’enjeu va être de faire grandir et évoluer notre organisation, nos process, tout en gardant une certaine agilité pour ne pas trop impacter notre delivery. Les process de communication transverses mis en place lorsqu'on était moins nombreux doivent aussi être ajustés pour maintenir l'efficacité de notre collaboration.
Passer à l’échelle va aussi nous permettre d’améliorer toujours plus notre parcours d’onboarding. Aujourd’hui, l’équipe tech de Kolecto est composée de beaucoup de profils assez expérimentés ; cette croissance, c’est aussi l’occasion d’accueillir plus de jeunes profils et de mettre en place un véritable accompagnement pour les former.
Côté tech, nous sommes déjà entrain de réfléchir aux limitations techniques de nos archis et infrastructures actuelles pour pouvoir supporter un passage à l’échelle dans les mois à venir. La croissance de notre portefeuille client va également remettre en perspective la manière dont nous abordons et concevons certains sujets produit/tech.
Je ne peux pas parler d’enjeux sans parler d’IA : nous avons déjà amorcé une transition l’année dernière, mais elle reste timide. Nous prévoyons d’accélérer sur ce point en formant les équipes, tous métiers confondus, en trouvant des cas d’usage et en encourageant davantage son utilisation.
À quoi ressemble ton quotidien chez Kolecto ? As-tu une routine déjà installée ?
Comme Kolecto évolue rapidement, je n’ai pas vraiment de routine à proprement parler. Il y a des choses sur lesquelles je reste attentive, notamment les sujets de qualité qui me tiennent particulièrement à cœur, comme les SLOs. Sinon, je dirais que mes sujets varient au jour le jour en fonction des priorités stratégiques et opérationnelles. Avec la croissance actuelle, nous allons également revoir les responsabilités et scopes de chacun, ce qui nous permettra peut-être à terme d’avoir une “routine” un peu plus concrète.
Ce qui motive aujourd’hui et demain
Après plus de trois ans chez Kolecto, quelle est ta plus grande fierté ? Qu’est-ce qui te stimule le plus dans ton travail ?
Je dirais que ma fierté n’est pas individuelle mais collective. Je suis fière de là où on en est aujourd’hui, étape par étape, de 3 à près de 150 collaborateurs, on a su montrer au Groupe Crédit Agricole qu’ils avaient raison de nous faire confiance. On a un produit viable, stratégique, soutenu et distribué par un grand groupe : c’est génial !
En tant que jeune maman, comment situes-tu Kolecto sur l’équilibre vie pro/vie perso ?
Je n’ai jamais ressenti de pression concernant mes horaires, ni le moindre jugement lorsque j’arrive plus tard ou que je pars plus tôt pour être à l’heure à la sortie de crèche.
La politique de télétravail joue aussi un rôle clé. J’apprécie pouvoir à la fois travailler de chez moi, et avoir la possibilité de venir au bureau pour retrouver l’équipe. Kolecto m’apporte les deux et c’est super.
Quel message voudrais-tu faire passer à de futurs candidats qui envisagent de rejoindre l’aventure Kolecto ?
Kolecto est une entreprise jeune, ambitieuse et soutenue par la première banque de France. Elle allie l’autonomie et la culture d’une start-up tout en ayant le soutien financier d’un grand groupe.
Le rythme en scale-up est parfois soutenu, il faut savoir composer avec le changement. C’est challengeant, mais c’est aussi extrêmement enrichissant, car ça développe notre capacité d’adaptation et notre façon d’aborder le travail.
