Marie Cordier
14/5/2024
8
min
Comptabilité

Une société en difficulté peut bénéficier de différents dispositifs de soutien ; mais parfois, cela ne suffit pas à redresser ses finances. Il arrive ainsi qu’elle ne dispose plus d’une trésorerie suffisante pour régler ses dettes. Dans cette situation, elle doit se déclarer en état de cessation de paiement (parfois appelé “dépôt de bilan”). Découvrons comment fonctionne la cessation de paiement, quelle est la procédure à respecter, et quelles sont ses conséquences.
L’état de cessation des paiements est encadré par le code du commerce. Il correspond au moment où, au sein d’une organisation, l'actif disponible ne permet plus de couvrir le passif exigible. En d’autres termes, la structure n’est plus en mesure de rembourser ses dettes, et devient insolvable.
Comme nous le verrons, le dirigeant doit obligatoirement effectuer une déclaration de paiement dès qu’il constate cette situation. Cette déclaration entraîne l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire (articles L631-1 et suivants, articles L640-1 et suivants).
💡 Bon à savoir : la cessation des paiements est le nouveau nom du dépôt de bilan. Dans le langage courant, on utilise aussi la notion de “faillite”, qui n’est pas employée dans le droit.
Le passif exigible correspond aux dettes de l’entreprise qui sont arrivées à échéance et doivent être payées immédiatement. Pour être prises en compte, ces dettes doivent être :
L’actif disponible englobe la trésorerie de l’entreprise ainsi que ses réserves de crédit :
La procédure de cessation des paiements concerne potentiellement :
Artisans, commerçants, agriculteurs, professions libérales, petites ou grandes entreprises : toute entreprise peut se retrouver dans l’obligation de déclarer la cessation des paiements en cas d’insolvabilité.
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Dès lors que le dirigeant constate que l’actif disponible est insuffisant pour régler le passif exigible, il doit en informer le tribunal compétent dans un délai de 45 jours. Cette démarche permet de demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
Cette obligation déclarative est strictement encadrée par le code du commerce. Le dirigeant qui ne déclare pas l’état de cessation des paiements avant la date limite s’expose à des sanctions. En effet, la jurisprudence a établi qu’il s’agit d’une faute de gestion pouvant engager sa responsabilité.
Si le tribunal obtient la preuve que le chef d’entreprise a volontairement tardé à effectuer la déclaration, ou ne l’a pas effectuée du tout malgré sa connaissance de l’état des finances, il peut le condamner à une interdiction de gérer. Cela signifie qu’il ne pourra pas exercer de fonctions de direction d’entreprise pendant une période qui peut aller jusqu’à 15 ans.
🔎 À noter : dans certains cas, lorsque la situation de l’entreprise le permet, le dirigeant peut faire le choix d’ouvrir une procédure de conciliation plutôt que de déclarer d’emblée la cessation des paiements. L’ouverture de la procédure de conciliation doit intervenir avant la fin du délai de 45 jours.
Pour déclarer l’état de cessation de paiement constaté, le dirigeant doit remplir le formulaire Cerfa n°10530, et le transmettre dans les 45 jours à compter de la date de constatation au tribunal compétent :
Au moment de remplir la déclaration, le dirigeant indique s’il souhaite demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. Le redressement est à privilégier quand il y a un espoir d’améliorer la situation financière avec un plan adapté. On opte au contraire plutôt pour la liquidation lorsque la situation est irrémédiablement compromise. Un avocat spécialisé ou un expert-comptable peuvent aider le dirigeant à choisir la solution la plus adaptée. Notez cependant que la demande du dirigeant est indicative : c’est le tribunal qui décide au final de la procédure à ouvrir.
La déclaration de cessation des paiements peut entraîner l’ouverture de deux types de procédures collectives : redressement ou liquidation. Elle déclenche également l’ouverture de ce que l’on appelle la période suspecte.
Le redressement judiciaire est une procédure qui permet la poursuite de l'activité d'une société qui se trouve en état de cessation des paiements. Elle vise à mettre en place un plan pour sortir l'entreprise de ses difficultés, si cela paraît possible.
Après réception de la déclaration de cessation des paiements, un jugement du tribunal prononce l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire. Les étapes de la procédure sont ensuite les suivantes :
La liquidation judiciaire met fin à l’activité d’une entreprise lorsque son rétablissement semble impossible. Elle consiste à liquider les biens du débiteur afin de rembourser ses créanciers.
Après réception de la déclaration de cessation des paiements, un jugement du tribunal prononce l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire. Les étapes de la procédure sont ensuite les suivantes :
🔎 À noter : il existe une procédure simplifiée, plus rapide, pour les petites entreprises respectant les trois critères suivants :
La cessation des paiements entraîne aussi l’ouverture de ce que l’on appelle la période suspecte. Elle correspond à la période entre la date de cessation des paiements et le jugement d'ouverture de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. Sa durée est de 18 mois maximum.
Pendant la période suspecte, certains actes sont automatiquement annulés par le tribunal. Cela permet en quelque sorte de geler la situation de l’entreprise, afin d’éviter que son actif ne se disperse ou qu’un créancier soit favorisé. L’annulation automatique est par exemple prononcée dans les situations suivantes :
Pour éviter de se retrouver en cessation de paiement, les entrepreneurs ont intérêt à se doter d’outils performants pour suivre leurs finances. Cela leur permet d’anticiper les difficultés et de rééquilibrer la gestion afin d’éviter de se retrouver face à une situation insoluble.
Pour assurer un pilotage financier efficace et limiter les risques, il est notamment important :
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