Interview de Xavier, Senior Back-End Software Engineer chez Kolecto

Autodidacte, passionné par la compréhension des systèmes et animé par une curiosité constante, Xavier a construit son parcours en apprenant sans cesse et en osant se réinventer.
De ses débuts en physique à son rôle de Senior Back-End Software Engineer chez Kolecto, il revient sur un chemin marqué par la discipline, la montée en compétences et la force des rencontres qui ont façonné son évolution.
De la physique à la tech : un parcours d’autodidacte guidé par la curiosité et l’envie constante d’apprendre
Bonjour Xavier ! Pourrais-tu commencer par revenir sur tes débuts avec la tech ?
J’ai toujours été passionné par “le fonctionnement des choses” et l’apprentissage. Ce qui m'a naturellement mené à des études de physique. Plus jeune, je me souviens m’être beaucoup amusé à créer différents prototypes de fours solaires pour cuire des pommes de terre à l’énergie solaire ! J’adorais expérimenter et comprendre comment les choses fonctionnaient.
Il faut savoir qu’à l’origine, je n’ai pas étudié l’informatique ; je suis un autodidacte. J’ai un diplôme Bac + 5 en physique et sciences de la matière et je suis arrivé dans la tech un peu par hasard. À l’époque, il y avait un creux dans la recherche. Je voyais des doctorants travailler chez Franprix, et ça m’a fait réfléchir. J’ai commencé à regarder quels secteurs recrutaient réellement.
J’avais le choix entre le secteur du BTP et l’informatique. À ce moment-là, les entreprises cherchaient à attirer des profils scientifiques pour leur logique et leur capacité d’analyse. Je me suis donc orienté vers l’informatique.
Comment as-tu abordé cette transition vers l’informatique ?
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est apprendre. C’était donc tout à fait naturel pour moi de me lancer ce défi. J’ai appris sur le tas. Pendant quatre mois, j’avais un “PHP pour les Nuls” et un “PHP Avancé” comme livres de chevet. Chaque soir, j’étudiais ce que je devais coder le lendemain.
Ce qui est génial avec la tech, c’est qu’il y a juste besoin d’internet et d’un bouquin pour apprendre, contrairement à la physique où tout n’est pas si accessible. Bref, depuis, je ne suis plus jamais sorti de cet univers.
Apprendre et se réinventer : quand l’auto-formation devient un levier de carrière
Peux-tu m’en dire plus sur tes premières expériences professionnelles ?
J’ai débuté ma carrière dans une ESN. On était majoritairement en forfait, ce qui m’a permis d’expérimenter beaucoup de choses. La structure était suffisamment grande pour dégager du temps dédié à l’apprentissage. J’ai profité de ces périodes pour tester, approfondir et élargir mes compétences techniques.
En revanche, comme souvent dans les grosses structures, le manque de souplesse pouvait être frustrant. J’y suis resté presque 10 ans.
Et c’est à ce moment-là que tu as décidé de t’auto-former ?
Oui ! C’est vraiment le moment le plus atypique de mon parcours. Pendant deux ans, je me suis consacré pleinement à l’auto-formation. Mon objectif était clair : approfondir l’écosystème JavaScript/Typescript, monter en compétences sur certains outils DevOps du moment et prendre le temps de lire les ouvrages fondamentaux pour le métier.
Je me suis imposé un rythme de travail structuré, sur des horaires de bureau, mais depuis chez moi, comme un véritable projet professionnel. Cette période m’a permis de franchir un cap.
À l’issue de cette période, j’ai été recruté dans une fintech à un niveau confirmé. J’ai ensuite rejoint Trusk pendant trois ans, puis CodeWorks, une ESN orientée software craft et qualité logicielle. L’approche était très alignée avec mes convictions, même si le contexte à l’époque offrait peu de projets disponibles.
Après 20 ans de carrière, existe-t-il une constance dans ton parcours ?
Je dirai la curiosité et l’envie d’apprendre. Quand on commence en autodidacte, on bataille très souvent contre son propre syndrome de l’imposteur. Ce qui nous pousse sans cesse à apprendre de nouvelles choses et à faire de notre mieux pour s’améliorer au quotidien. C’est ce qui m’a naturellement attiré vers l’univers de la start-up à l’époque. C’est un environnement exigeant, en mouvement, où l’apprentissage est permanent et où la progression repose autant sur l’initiative que sur la capacité à sortir de sa zone de confort.
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Kolecto : une rencontre, une vision et l’envie de contribuer à un projet en pleine accélération
Parlons-en justement ! Qu'est-ce qui t'a amené chez Kolecto ?
Mon histoire avec Kolecto remonte à fin 2024, lors d’une première rencontre avec Camille, Lead Engineering Manager et Gaëlle, notre ancienne VP Engineering. Dès le premier entretien, j’ai senti qu’il y avait eu une vraie synergie. J’ai été marqué par l’énergie, la bienveillance et surtout par l’importance donnée à l’entraide et à l’idée de continuer à grandir ensemble. Le discours n’était pas centré sur la perfection, mais sur une volonté d’apprendre et d’améliorer les choses. C’était très motivant pour moi.
Ce qui m’a particulièrement touché, c’est cette idée qu’on ne recrute pas uniquement des cases cochées sur une fiche de poste, mais des potentiels et des personnalités. C’est exactement ce que j’ai ressenti à ce moment-là, et c’est ce qui m’a donné envie de rejoindre l’aventure.
Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet Kolecto à ce moment-là ?
Ce qui m’a marqué avant tout, c’est l’humain, la vision de Neila [DG et fondatrice de Kolecto] et sa capacité à embarquer les équipes.
Pour moi, une entreprise, au-delà de son produit, ce sont d’abord les personnes qui la composent. Si ces personnes sont capables d’inspirer par leur vision et leur énergie, alors le reste peut suivre.
Au-delà de l’aspect humain, j’ai aussi été très sensible au positionnement de Kolecto, le fait de s’adresser à des petites structures (agriculteurs, TPE-PME), dans un contexte bouleversé par la réforme de la facturation électronique.
Tu es arrivé chez Kolecto fin 2024, dans une période de forte croissance : comment l’as-tu vécue ?
Kolecto a beaucoup grandi entre mon arrivée et aujourd’hui. J’ai traversé plusieurs équipes, vu beaucoup de nouveaux profils arriver, et avec eux une multitude de nouvelles connexions.
Je me définis comme un “dev communiquant” et pour moi, cette croissance est extrêmement enrichissante. Chaque personne qui rejoint l’aventure apporte sa pierre à l’édifice. On apprend les uns des autres, et ça élève le niveau collectif. Beaucoup de propositions sont faites autour du produit et de l’outil. Là où, au début, on pouvait parfois hésiter sur certains choix, aujourd’hui on dispose d’une vraie force de frappe côté développement.
Ce qui m’a marqué le plus, c’est l’émulation : cette énergie collective où chacun est prêt à aider.
Quelles étaient les étapes les plus structurantes selon toi ?
Je dirais qu’elles étaient surtout autour de l’évolution de la vision du produit. D’abord, le repositionnement vers ce que doivent devenir les nouveaux produits bancaires. On ne parle plus simplement d’outils de pré-comptabilité, mais d’une assistance au quotidien pour nos clients pour simplifier leur gestion.
Je suis surtout arrivé à quelques semaines du déploiement de la solution Kolecto auprès des caisses régionales du Crédit Agricole, qui a été une étape très structurante pour la suite de Kolecto.
Aujourd’hui, on vit aussi une période déterminante avec l’IA, où l’enjeu est de rendre les outils de plus en plus personnalisés. Cette direction donne du sens à ce qu’on construit. On ne fait pas juste évoluer une fonctionnalité, mais on améliore réellement le quotidien de nos clients.
Peux-tu nous en dire plus sur les choix des langages ?
Aujourd’hui chez Kolecto, notre stack est basé sur du Typescript avec node.js dans des environnement microservices basés sur des lambdas mais nous sommes en grande transition vers du NestJS containerisés. Certains commencent à s’amuser à faire des POCs dans d’autres langages, comme Rust par exemple. La vie de dev quoi !
En un an et demi, quels sont tes plus gros motifs de fierté chez Kolecto ?
Il y en a plusieurs, mais le principal est de contribuer à des chantiers structurants, notamment la réécriture d’un des modules cœur autour de la facturation électronique. On est en train de consolider les bases pour rendre le produit plus solide et aligné avec la vision à long terme.
Je suis aussi fier des victoires du quotidien : quand on débloque un sujet complexe et qu’on voit que ce qu’on a construit fonctionne vraiment et résout une problématique client réelle.
Et enfin, continuer à apprendre en permanence. C’est ce qui me motive le plus.
Culture d’autonomie, esprit d’équipe et télétravail : un environnement qui favorise l’apprentissage et l’équilibre
À quoi ressemble ton quotidien chez Kolecto en tant que Senior Back-End Software Engineer ?
Je n’ai pas vraiment de “journée type”, et c’est justement ce qui me plaît.
Il y a une vraie autonomie et chaque squad fonctionne avec ses propres patterns et rituels. On itère régulièrement pour trouver l’organisation qui nous convient le mieux. Le quotidien peut donc varier d’une équipe à l’autre, mais l’objectif reste le même : faire fonctionner une machine humaine capable de livrer le meilleur produit possible.
On travaille avec un mix de Scrum et de Kanban. Concrètement, toutes les deux semaines pendant nos rétrospectives, on se réunit pour voir ce qu’on peut améliorer ou changer.
Au-delà de nos rituels, je suis surtout attaché à l’esprit de l’agilité, le people over processes. Pour moi, ce sont avant tout les interactions humaines qui font la différence.
Selon toi, Kolecto a-t-il réussi à conserver sa culture malgré le changement de cap ?
Je trouve qu’on a réussi à garder cet esprit collectif malgré la croissance, et on essaie de le faire vivre et de l’améliorer en permanence.
Ce qui est génial, c’est que des moments rassembleurs sont régulièrement organisés par notre Office Manager, sur le lieu de travail ou en dehors. Ces moments contribuent vraiment à renforcer les liens et à entretenir l’énergie des équipes. Ils comptent beaucoup pour nous.
Que penses-tu de la politique de télétravail de Kolecto ?
J’apprécie beaucoup la flexibilité qu’offre la politique de télétravail actuelle. On a la possibilité de télétravailler, tout en ayant des bureaux agréables et accessibles quand on veut venir sur site : c’est le meilleur des deux mondes ! Ce que je trouve génial chez Kolecto, c’est que le lien ne dépend d’ailleurs pas uniquement du présentiel, finalement. Avec le télétravail, on arrive à créer de la connexion même à distance.
Après, personnellement, j’aime venir au bureau pour faire un resto avec l’équipe, partager en physique ; c’est toujours un plaisir. Mais le télétravail est essentiel pour garder un équilibre et une vraie souplesse entre vie pro et vie perso.
Sur le plan personnel, c’est aussi un vrai atout pour la parentalité. Je peux m’adapter facilement en cas de besoin, récupérer mon enfant plus tôt si nécessaire. Et au-delà de ça, le télétravail me permet de créer un environnement de travail adapté à mon rythme. Chez moi, j’ai un tapis de marche, pas de chaise classique ; je travaille debout ou en marchant. C’est la configuration qui me convient et qui me rend efficace (pas besoin de caféine quand on est en mouvement !).
Selon toi, qu’est-ce qui rend Kolecto différente des autres startups ou entreprises tech ?
C’est avant tout son positionnement hybride, le fait que ce soit une startup adossée à un grand groupe. On bénéficie à la fois de l’énergie, de la rapidité et de la dynamique d’une startup, tout en ayant la stabilité, les moyens et l’ancrage du Groupe Crédit Agricole. C’est ce mélange qui fait vraiment la différence.
Rester en mouvement pour continuer à progresser et garder un esprit critique
Tu parlais de l’IA plus tôt dans l’interview : arrives-tu à mesurer son impact ?
Aujourd’hui, on vit un vrai bouleversement. À titre personnel, je trouve ça fascinant. Mais au-delà de l’effet hype, je ne vois pas l’IA comme un remplacement de l’humain, mais plutôt comme un outil à intégrer dans la boucle. D’ailleurs, je pense qu’il est primordial d’être le “Human in the Loop”.
J’ai découvert que l’IA pouvait être un formidable levier d’apprentissage également. Par exemple, certains écrits ou concepts peuvent être synthétisés ou expliqués par l’IA dans un langage qui nous est plus familier, ce qui permet de gagner du temps et d’aller plus vite à l’essentiel.
Pour moi, l’IA est un catalyseur, du bon comme du mauvais. Et ce qui fera vraiment la différence, ce sont nos connaissances et notre capacité à garder un regard critique. L’IA n’est pas magique. Elle est entraînée sur du bon comme du mauvais code, sur des pratiques solides comme sur des approximations. C’est donc la connaissance propre à chacun qui devra guider son usage au quotidien.
Comment structures-tu ta veille pour rester à la page ?
Je fais beaucoup de veille au quotidien. Je trouve que nous vivons une époque incroyable pour l’apprentissage aujourd’hui. J’ai souscrit à un abonnement annuel pour les livres techniques de chez Manning et àun abonnement pour les vidéos de formation Udemy ; je parcours également des contenus en ligne sur YouTube ou Medium, mais je reste quand même très attaché aux livres. En ce moment, je retourne aux sources avec des “classiques”, des livres techs qui ont pignon sur rue depuis plus de 20 ans à minima.
En ce moment, je suis en train de lire Patterns of Enterprise Application Architecture de Martin Fowler de 2002. Ces principes d’architecture logicielle et de design de code, écrits il y a plus de 20 ans, n’ont vraiment pas pris une ride. Et j’irai même jusqu’à dire que cela devient de plus en plus primordial de se replonger dans ces principes fondateurs pour plus facilement éviter certaines “hallucinations” ou mauvaises pratiques générées par l’IA. Bien sûr, il y a, également, les nouvelles publications très actuelles comme Software Testing with Generative AI de Manning qui m’inspirent beaucoup.
Si tu devais faire passer un message à de futurs candidats, que leur dirais-tu ?
Je leur dirai que la communauté Kolecto est un formidable terreau favorisant le partage, l’apprentissage continu, l’entraide et le tout avec un bel esprit de camaraderie. Il y a, effectivement, un vrai esprit d’équipe, une dynamique collective forte, et c’est ce qui nous donne, concrètement, au quotidien, l’énergie d’améliorer le produit et de le faire évoluer. C’est un environnement où l’on peut réellement progresser et avoir un impact réel.
