Interview de Vincent, Lead Data Ops chez Kolecto
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De ses premiers pas dans l’informatique à son rôle de Lead Data Ops chez Kolecto, Vincent a bâti sa carrière autour de la structuration et de l’optimisation des données.
Dans cette interview, il revient sur ses 20 ans de carrière dans le monde de la donnée et sur la structuration de l'équipe Data de Kolecto, où expertise et collaboration créent un impact concret au quotidien.
De la passion à l’expertise : 20 ans au service de la data
Bonjour Vincent ! Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé dans le monde de l’informatique ?
À vrai dire, ma passion pour l’informatique a commencé très tôt, avant l’âge de dix ans. J’ai eu mon premier ordinateur au début des années 90, ce qui n’était pas le cas de tout le monde !
En réalité, tout a commencé avec les jeux vidéo. J'adorais jouer en réseau avec mes amis, un vrai challenge technique à l’époque ! Et puis mon père travaillait dans l’informatique, il déployait des solutions de communication pour France Télécom à l’époque, donc j’ai été naturellement exposé à ce monde très tôt.
Puis tu as décidé d’en faire ton métier ? Peux-tu revenir sur les grandes lignes de ta carrière ?
J’ai suivi une formation généraliste en informatique, avec une spécialisation en administration système, de 2001 à 2003 et j’ai obtenu un diplôme de technicien supérieur en maintenance des systèmes informatiques. J’ai ensuite commencé ma carrière à travailler en tant qu'administrateur système. En 2006, j’ai rejoint une petite société de télémarketing, et c’est là que j’ai découvert les bases de données. J’ai tout de suite su que je voulais me spécialiser là‑dedans et en faire mon activité principale.
Puis j’ai été embauché dans une société de service en tant qu'administrateur de base de données en 2008. J’ai ensuite fait de la prestation de service dans des grosses structures : Bouygues Telecom, Axa, Air Liquide... Puis en juillet 2011, je suis passé indépendant pendant trois ans et demi.
Grâce à cette aventure, j’ai acquis de l’expérience sur l’administration de bases de données, mais je sentais que je voulais entrer dans une société cette fois en CDI. Je voulais faire partie d’un ensemble plutôt que de répondre à des besoins clients.
C’est comme ça que j’ai rejoint les équipes de Numberly (1000mercis Group) pendant près de 10 ans. Là-bas, j’ai commencé en tant qu’administrateur de base de données, puis j’ai évolué en tant que Data Ops Engineer pendant 4 ans et demi.
Comment as-tu vécu ces trois ans en tant qu’indépendant ?
Ce qui m’a motivé à l’époque, c’est la liberté qu’offrait le statut. Je pouvais choisir des missions plus variées, parfois très courtes, qui ne duraient que quelques jours. Cette flexibilité était vraiment stimulante : ça m’a permis de découvrir des environnements très différents et d’apprendre vite. C’était très enrichissant sur le plan technique et humain.
En revanche, la gestion d’entreprise m’a davantage challengé. Toute la partie administrative, la gestion… ce n’était pas ce qui me passionnait le plus. Je me rendais compte que je n’étais pas forcément à l’aise avec ça, et j’avais souvent peur de faire des erreurs.
Avec le temps, l’envie de rejoindre une équipe de manière plus pérenne m’a rattrapé. J’avais envie de m’engager dans un projet sur le long terme, de mettre à profit ce que j’avais appris en indépendant, mais dans un cadre collectif.
Après vingt ans de carrière, quel est ton fil rouge ?
C’est vraiment l’amour de la technique. Ce qui m’a attiré dès le départ, ce n’était pas seulement la donnée, mais la manière de la structurer, de l’organiser et d’y accéder efficacement.
J’ai toujours aimé ce côté presque mathématique : optimiser, rationaliser, traduire en code. Il y a quelque chose de très logique et structuré qui me plaît énormément.
Et surtout, c’est un métier vivant, en constante évolution. Certaines technologies des années 70 sont toujours là. Elles ont énormément évolué depuis : on a beaucoup plus de puissance, des algorithmes plus efficaces, et on peut traiter des problèmes bien plus complexes qu’à l’époque.
Construire et faire grandir une équipe et une plateforme à grande vitesse
Qu'est-ce qui t'a amenée à Kolecto ? Qu’est-ce qui t’a séduit dans le projet à ce moment-là ?
À l’été 2024, une chasseuse de têtes m’a contacté sur LinkedIn et m’a mis en relation avec Lucas Claude, VP Data. Le courant est très vite passé : dès le premier entretien, je me suis senti à l’aise. On était sur la même longueur d’onde, notamment sur l’open source. J’ai apprécié le fait que Lucas avait une approche pluridisciplinaire des métiers de la data. On parlait le même langage techniquement, et ça m’a rassuré. Il y a un vrai fit humain et technique, et ça, ça a clairement fait pencher la balance.
J’ai ensuite rencontré Neila, [CEO de Kolecto], et ces échanges ont confirmé mon envie de rejoindre l’aventure. J’ai intégré les équipes en novembre 2024 en tant que Senior Data Ops. À ce moment-là, j’étais la troisième personne de l’équipe data et environ la quarantième au sein de Kolecto !
Le produit Kolecto faisait vraiment sens pour moi : on répond à une problématique réglementaire concrète, avec un vrai impact pour les entreprises. Il y avait quelque chose d’utile, d’aligné avec des valeurs qui me parlaient.
Tu es arrivé chez Kolecto fin 2024, dans une période de forte croissance : comment l'as-tu vécu ?
Quand je suis arrivé, on était une quarantaine chez Kolecto : les choses étaient déjà structurées, il y avait des profils seniors en place, et on avançait vite pour construire un produit qui fonctionnait. On savait que 2025 allait être une année d’accélération. En tout cas, moi je m’y étais préparé !
Aujourd’hui, je trouve ça assez excitant de voir autant de nouvelles personnes rejoindre l’aventure ! Même si les rencontrer toutes reste un défi à certains moments, cette accélération se vit dans une énergie super positive.
Cela dit, l’organisation en squads et en tribes, mise en place assez tôt, a beaucoup aidé. Ça a rendu la croissance beaucoup plus fluide. Malgré la croissance des effectifs, l’organisation est restée claire et cohérente.
Si on prend l’équipe Data, elle est passée de 3 personnes à presque 20 aujourd’hui, ce n’est pas rien. Et la structure en sous-équipes a permis une croissance assez organique. Chez Kolecto, on est aujourd’hui organisés en quatre pôles dans l’équipe Data : la plateforme, que je représente, qui s’occupe de l’hébergement et de l’infrastructure data ; les analytics engineers, qui travaillent sur la modélisation ; les data analysts, qui transforment la donnée en dashboards, et la data science, qui travaille sur des sujets machine learning et IA.
Après, malgré le fait que l’équipe a grandi, j’arrive à rester proche des autres membres de l’équipe. Chez Kolecto, on n'est qu’à un toquage de porte des autres. Les VP restent toujours accessibles et j’arrive toujours à joindre la bonne personne afin d’obtenir la bonne information. C’est en ce sens que je trouve que Kolecto a davantage scalé horizontalement que verticalement.
Quels ont été pour toi les principaux jalons ?
Il y a eu plusieurs enjeux importants.
D’abord, le recrutement. On a beaucoup de squads tech, mais pas encore suffisamment de data analysts, donc ça a été - et ça reste encore - un sujet sur lequel on doit progresser, même si la situation s’est améliorée.
Et puis, un autre enjeu fort a été la structuration et l’automatisation de nos process. Pendant 2025, on a beaucoup industrialisé pour qu’aujourd’hui la plateforme et l’infrastructure soient vraiment utilisables facilement par les équipes, sans friction.
On avait parlé assez tôt de management pendant mes entretiens. Lucas avait évoqué que l’équipe data allait grandir et qu’il y aurait probablement du management à prendre dans les mois suivants. Ça m’intéressait, donc on a construit ça progressivement. Petit à petit, Lucas m’a délégué une partie de ses responsabilités pour qu’il puisse prendre davantage de hauteur sur la direction de l’équipe.
C’est comme ça qu’en octobre 2025, j’ai commencé à manager deux personnes. C’était assez nouveau pour moi, même si je reste encore les mains dans l’opérationnel aujourd’hui, avec l’objectif de déléguer progressivement. Ça se passe très bien : il y a une bonne synergie dans l’équipe, beaucoup d’entraide.
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Peux-tu nous en dire plus sur les enjeux Kolecto côté Data aujourd’hui ?
Sur mon périmètre [la plateforme], l’enjeu principal aujourd’hui, c’est clairement la sécurité. On renforce en continu tout l’aspect sécurité et compliance et on durcit l’infrastructure pour accompagner la croissance et les exigences réglementaires.
Il y a aussi tout le sujet de la gestion de l’obsolescence. C’est quelque chose qu’on doit structurer davantage : mettre en place un vrai planning d’upgrades, anticiper les mises à jour, éviter la dette technique…
En réalité, la plateforme, c’est un métier qui évolue très vite. Les outils changent, les standards aussi. Donc l’enjeu, c’est de rester à jour en permanence, de ne pas subir l’obsolescence mais de l’anticiper.
En un an et demi, quels sont tes plus gros motifs de fierté chez Kolecto ?
D’abord, je dirai la croissance de l’équipe et les retours très positifs sur la plateforme. On a beaucoup travaillé pour qu’elle soit simple à utiliser et bien accompagnée, et le fait que les équipes en soient satisfaites, c’est vraiment gratifiant.
Puis, sur la partie technique, le fait d’avoir repris la stack et d'y avoir fait beaucoup d’améliorations en termes d’industrialisation. Dès les premiers mois, j’ai développé un outil capable de gérer la modélisation de manière plus industrielle.
Enfin, le fait d’avoir commencé à manager est une vraie fierté. C’est assez nouveau pour moi, et je me forme en management en parallèle, donc c’est un apprentissage continu.
Un quotidien rythmé par la collaboration et la confiance
À quoi ressemble ton quotidien chez Kolecto en tant que Lead Data Ops ?
Tout dépend de ce qu’on appelle le quotidien ! Mais globalement, ma semaine est rythmée par trois choses : les rituels, les projets et le management. On commence le lundi par un rituel d’équipe assez informel, ça permet de créer du lien. Ensuite, j’organise ma semaine et celle de l’équipe, et j’avance sur les sujets en cours.
Le mercredi, j’organise mes points hebdomadaires avec les deux membres de mon équipe et l’après-midi est dédiée à des “work together”, réunion pendant laquelle toute l’équipe travaille autour d’un sujet data. La fin de semaine est plus orientée stratégie, sujets de fond et revue des projets pour préparer la suite.
Et puis il y a aussi les moments plus informels, notamment les soirées jeux de société tous les mois, qu’on ne rate sous aucun prétexte. C’est important pour l’équilibre et la cohésion.
Quels sont les principaux défis techniques que tu rencontres dans ton métier ?
C’est de rester en permanence informé. Les technologies évoluent très vite, donc il faut faire de la veille, comprendre ce qui sort, et surtout savoir faire le tri pour voir ce qui est réellement pertinent par rapport à nos besoins internes.
L’IA est un bon exemple : ça fait couler beaucoup d’encre, mais il faut toujours se poser la question de l’usage concret. Dans notre périmètre plateforme, on l’utilise surtout comme un accélérateur, par exemple pour découvrir plus vite de nouveaux outils ou revoir du code. Pour moi, l’IA reste avant tout une aide : un moyen d’aller plus vite et d’apprendre plus efficacement.
Qu’est-ce qui est spécifique dans la façon de travailler chez Kolecto par rapport à tes expériences précédentes ?
Ce qui est spécifique chez Kolecto, c’est vraiment la liberté qu’on a dans notre façon de travailler. Chacun peut choisir la manière dont il gère ses sujets et projets. Bien sûr, l’affiliation au Groupe Crédit Agricole implique certains impératifs, notamment sur les obligations légales comme le RGPD ou la sécurité, mais en dehors de ça, sur le choix de la stack ou de l’infrastructure, on est vraiment autonomes, et ça, c’est super motivant.
Que penses-tu de l’organisation du télétravail chez Kolecto ?
À vrai dire j’adore venir au bureau. Je fais le choix de venir 3, voire 4 fois par semaine dans les locaux. Et en même temps, je trouve ça vraiment pratique de pouvoir faire du télétravail. La politique est flexible et arrangeante : ça permet par exemple de recevoir un colis sans stress à la maison !
Ce que j’apprécie aussi, c’est que le droit à la déconnexion est vraiment respecté chez Kolecto. La vie professionnelle et la vie perso sont bien séparées, et il y a un vrai respect de la vie privée de chacun.
Rester à la page dans un métier qui évolue vite
Tu fais de la veille au quotidien ? Comment arrives-tu à monter en compétences dans un domaine qui évolue si vite ?
Je suis le channel Slack Modern Data Network, qui réunit des experts de la data. Les membres y partagent leurs problématiques et proposent des solutions. C’est vraiment intéressant de voir à quoi d’autres équipes data sont confrontées dans d’autres boîtes.
Aussi, je passe pas mal de temps sur Medium et sur le Cloud Native Computing Foundation (CNCF). C’est une plateforme qui m’aide vraiment à me forger mes opinions sur les bonnes décisions techniques à prendre. On y trouve des case studies d’autres entreprises et, surtout, un landscape des outils open source reconnus comme matures dans l’industrie.
J’assiste aussi parfois à des conventions ou des conférences dans l’écosystème DevOps et Data. La dernière en date, c’était les Cloud Native Days début février.
Enfin, je me forme régulièrement et je lis pas mal dans mon temps libre.
Selon toi, quel type de profil s’épanouirait le plus au sein de l’équipe Data de Kolecto ?
Nous cherchons des personnes capables de prendre les sujets de manière frontale, sans avoir peur d'apprendre, en toute humilité, tout en sachant s'appuyer sur ses collègues. On cherche aussi des personnes qui aiment partager : leur connaissance, leur façon de travailler, leurs idées, mais aussi les bons moments, le tout autour de valeurs qui nous sont chères. Les synergies sont riches et nombreuses chez Kolecto, à la fois dans l'équipe Data, mais aussi en interéquipe.
