Interview de Hanna, Front-End Software Engineer chez Kolecto
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Des premiers pas en algorithmique au lycée à son rôle de Front-End Software Engineer chez Kolecto, en passant par une expérience chez Facebook dans la Silicon Valley, Hanna retrace un parcours construit dans la durée. À travers cette interview, elle partage son évolution professionnelle, les étapes structurantes du développement de Kolecto depuis 2023 et sa vision d’une culture tech fondée sur le collectif et l’impact.
De la curiosité à la vocation : une entrée progressive dans la tech
Bonjour Hanna, peux-tu nous dire ce qui t'a amenée à la tech ?
La tech, c'est arrivé un peu par hasard. C'est mon professeur de maths de terminale au lycée qui m’a fait découvrir l'algorithmique sur calculatrice et cela m'avait plu. À cette période, j'avais beaucoup de centres d’intérêt, notamment les sciences et les arts.
Peux-tu revenir sur ta rencontre avec le code ?
Elle s’est faite progressivement, en plusieurs étapes, chacune avec ses hauts et ses bas ! La première avec le professeur de maths, qui a été très positive, puis la seconde, en école d’ingénieurs, qui s’est déroulée dans un contexte plus exigeant et qui ne m’a pas trop plu. La troisième étape, c'était un stage obligatoire en informatique dans une startup, une expérience que j’ai adorée.
Et à ce moment-là, tu savais déjà que tu voulais te spécialiser dans le développement front-end ?
Non, le choix n’a pas été immédiat. Justement, j'ai fait du front un peu par hasard, et c'est comme ça que je m’y suis d’abord orientée. Étant donné que mon rôle comprenait aussi un volet UX design auquel j’étais sensible, forcément, je suis restée dedans.
Tu as néanmoins eu cette expérience full-stack chez Click2Buy…
Je savais que je voulais continuer dans le front, mais j'avais aussi envie d'être plus indépendante, de pouvoir mieux communiquer avec quelqu'un qui ne faisait que du back-end, par exemple. Je pense que c'était vraiment dans le but d'avoir une petite expérience un peu plus généraliste. Ça m’a plu, mais je n'ai pas eu envie de reprendre après.
Apprendre à grande échelle : du terrain startup à la Silicon Valley
Comment on se retrouve à devenir Front-End Developer chez Facebook dans la Silicon Valley ?
J’ai enchaîné beaucoup d’entretiens, et à force de faire entretien après entretien, j'ai fini par décrocher le poste : j’étais ravie ! À ce moment-là, j’étais consultante chez CalsoftLabs, mais je travaillais majoritairement avec des personnes internes.
Pendant près de trois ans, j’ai été Front-End Developer sur Magma, un projet open source dédié au déploiement des réseaux mobiles. L’objectif était de remplacer les infrastructures télécoms traditionnelles, qui sont très lourdes et coûteuses, par une solution logicielle simplifiée. On cherchait avant tout à réduire les coûts techniques pour rendre l’accès à la connexion plus accessible.
L'enjeu pour Facebook, c'était de mobiliser des développeurs sur ce projet open source pour pouvoir analyser et préparer leur communication - et tout ce qui va avec - liée au déploiement d’Internet dans de nouveaux pays, et donc l'installation d'applications comme Messenger, WhatsApp ou Instagram, qui appartiennent à Facebook. J'ai travaillé près de trois ans sur ce projet.
Comment tu décrirais la vie dans les bureaux de Facebook aux États-Unis ?
C'est une très, très grosse structure, donc je donne mon avis depuis ma toute petite perspective. Il faut dire que, quand tu es au cœur du réacteur, tu ne vois pas grand-chose non plus.
Vu que j’y ai travaillé pendant les années Covid, j’ai finalement fait davantage de télétravail, mais j’ai tout de même pu apprécier leurs bureaux qui sont vraiment top. C'est assez impressionnant : tu peux par exemple déjeuner dans un restaurant gratuitement. Tout est fait pour que tu restes au travail, et d'ailleurs, d’un point de vue culturel, je les ai trouvés obsédés par leur boulot. C'est leur identité, mais j'ai toujours pris une bonne distance par rapport à ça.
Les projets sont intéressants, tout comme les personnes ; il y a des opportunités d’apporter sa pierre à l’édifice et d’accomplir beaucoup de choses. Pour mon CV, c'est une super expérience. Je suis très contente de l'avoir vécue à l’âge que j’avais, 24-25 ans à l’époque.
J’ai aussi apprécié travailler avec des personnes qui venaient du monde entier. On devait toutes et tous essayer de se comprendre en anglais, avec plein d'accents différents :).
Cela fait sept à huit ans que tu travailles en tant que Software Engineer. Tu arrives à voir un fil rouge dans ton évolution ?
Au fur et à mesure du temps, j'ai appris que ce qui m'importait beaucoup, c'était surtout avec qui je travaillais. Bien sûr, ce sur quoi je travaille reste très important, mais j'ai aussi bien évolué sur ma vision et sur ce que je veux faire d’un point de vue technique.
Je cherche toujours à apprendre les petites spécificités de certains langages, mais maintenant, je les vois vraiment comme des outils.
Je ne resterai pas en front-end jusqu'à la fin de mes jours car, à terme, j'ai plein d'autres envies, d'idées d'évolution. Et de plus en plus, je me rends compte que les gens m'intéressent plus que la technique. J'ai vraiment envie d'avoir l'informatique comme outil qui me permet de faire des choses. C'est un peu la ligne que j'ai envie de suivre aujourd’hui.
J'aime bien savoir que je sais me débrouiller dans plein de situations différentes et évoluer. Et c'est pour ça que je vis très bien le fait d'être chez Kolecto.
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Parlons-en ! Qu'est-ce qui t'a amenée à Kolecto ?
Tout a commencé début 2023, après mon expérience chez Facebook aux États-Unis. J’ai été embauchée en tant que consultante dans une ESN française. Pour ma première mission, on m'a proposé deux projets : une mission chez un grand compte dans le Nord, et une mission dans une startup : Kolecto.
Pour moi, c'était vraiment original d’accepter une mission dans une startup en étant consultante. La mission était à Paris et j’habite à Lille, je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de voyager sur Paris de temps en temps.
Puis, j’ai passé mon entretien avec Théo (Lead Front-End) et Camille (Engineering Manager), qui m’ont présenté le projet plus en détail. J'ai beaucoup aimé l’échange, j'ai très bien accroché avec eux. J’ai compris qu’il y avait beaucoup de choses à faire, tout mettre en place, faire tous les choix techniques… Au final, lancer le projet !
Tu as vécu trois phases importantes : le MVP, le pilote de Kolecto et la généralisation de Kolecto auprès des 39 Caisses régionales du Crédit Agricole. Tu peux nous en dire plus sur comment tu les as vécues de l'intérieur ?
C'était hyper intéressant parce que c’était un exercice que je n’avais jamais réalisé auparavant. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que dans l'équipe tech, tout le monde est très ouvert à la discussion. J'ai eu l'impression, contrairement à beaucoup de boîtes dans lesquelles j'ai travaillé, que mon avis avait autant d'importance que l'avis des autres. Je me suis sentie très vite impliquée au sein de l’équipe.
Actuellement, notre équipe grossit beaucoup. Mais je n'ai pas du tout d'inquiétude parce qu’on sait toujours s’adapter, car c'est ce qu'on fait depuis le début. La démarche, c'est vraiment de se nourrir des différentes perspectives de chacun.
Peux-tu nous en dire plus sur les choix des langages ? Quel est le consensus pour ces choix de langages ?
En 2023, on avait surtout un gros enjeu autour de Next.js, parce que c’était un choix structurant. On a testé, ajusté, parfois fait marche arrière quand ça ne fonctionnait pas comme prévu. Aujourd’hui, côté front, on est sur une stack assez classique : React et Next.js avec TypeScript. On utilise aussi Tailwind CSS pour le styling, avec notre propre design system et des composants réutilisables. On a aussi un Monorepo avec des packages partagés.
Au-delà du langage, ce qui compte, c’est surtout comment on construit une application qui reste maintenable quand le produit et l’équipe grandissent.
En trois ans, quels sont tes plus gros motifs de fierté chez Kolecto ?
D’avoir réussi à évoluer avec le projet. D’avoir vu Kolecto passer d’un petit produit avec une petite équipe à quelque chose de beaucoup plus structuré, et d’avoir trouvé ma place à chaque étape.
Je suis fière de m’être adaptée, d’avoir changé de domaine, et d’avoir continué à apprendre. Et aussi d’avoir contribué à construire quelque chose qui fonctionne et qui continue de grandir.
Au-delà du code : culture et collectif
Comment vis-tu la croissance actuelle ?
Au début, on était une toute petite équipe, on devait être autour de 7, et on travaillait tous sur à peu près toutes les parties du produit. On est maintenant une quinzaine de Front-End Software Engineers.
Le produit a grandi, l’équipe aussi, et la manière de travailler a complètement changé. Il a fallu structurer, s’organiser différemment, apprendre à travailler à plus grande échelle.
Aujourd’hui, je suis sur des sujets beaucoup plus compta, donc un univers totalement différent. Ce sont d’autres métiers, d’autres contraintes, d’autres personnes, et une autre organisation. Et je suis vraiment fière d’avoir réussi à m’adapter à tout ça.
Justement sur la question de la féminisation des équipes tech, comment tu situes Kolecto sur ces enjeux-là ?
Dans la tech, même si le genre n’est pas un critère en soi, il y a toujours moyen d’attirer et de recruter davantage de femmes, et je trouve que c’est important.
Après, j'ai aussi l'impression qu’on se retrouve tous chez Kolecto au-delà de notre genre ou de notre parcours académique. L’équipe est super diverse, avec des gens qui viennent de milieux très différents. C'est quelque chose que j'aime beaucoup et j'espère que ça continuera dans ce sens-là.
Ce qui est sûr, c’est que j'adore la culture tech de Kolecto et c'est un plaisir d’y travailler.
Au point où tu nous as rejoints en tant que Software Engineer en interne en décembre 2024…
Oui ! Après deux ans, je me suis dit qu’il était temps. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien quelque part. Et en plus, les sujets sur lesquels je travaille sont vraiment passionnants.
On parlait de télétravail et d’équilibre vie pro / perso quand tu étais chez Facebook aux États-Unis. Comment tu t'organises aujourd’hui chez Kolecto ?
Les bureaux sont à Paris et je suis essentiellement en télétravail à Lille. Mon rythme, c’est de venir à Paris une à deux fois toutes les deux semaines. C'est plutôt facile de venir, ce n’est pas très loin et ça me permet de conserver un bon équilibre vie pro / vie perso.
Tu fais de la veille ? Où trouves-tu des infos pour te former ?
Avant, j’étais surtout sur X, mais plus trop maintenant. Je lis quelques articles par-ci par-là, je regarde des vidéos YouTube, et surtout, je dessine sur mon temps libre. La technique évolue constamment, mais mon approche est devenue plus globale. Je panique moins face aux nouveautés !
