Interview de Benjamin, DevOps chez Kolecto
.png)
Créer, expérimenter, construire des solutions utiles : c’est ce fil conducteur qui traverse le parcours de Benjamin, depuis ses premiers pas dans la tech dans le Maryland, aux États-Unis, jusqu’à son rôle clé dans la construction de la plateforme Kolecto aujourd'hui. Ingénieur logiciel de formation et entrepreneur à ses débuts, il a ensuite évolué de Back-End Software Engineer à DevOps grâce à une mobilité interne, consolidant sa vision d’une tech au service de l’usage. Dans cette interview, il revient sur son parcours entrepreneurial et sa mobilité internationale pour explorer ce qui définit aujourd’hui l’ADN technique et humain de Kolecto.
Des premières lignes de code dans le Maryland aux premiers choix de carrière
Bonjour Benjamin. Commençons par le début. Qu'est-ce qui t'a amené à la tech ?
Salut ! J’ai toujours aimé créer et concrétiser mes idées. Dans le monde du développement des applications en ligne, avec peu d’outils, une personne peut créer quelque chose de concret, la publier, et avoir immédiatement un impact positif sur le travail ou la vie des gens.
Quand as-tu eu cette prise de conscience ?
Pendant mes études, en 2018, j’ai fait un stage en tant qu'ingénieur systèmes aux États-Unis, où j’ai grandi. Je n’étais pas très satisfait de ce stage. Je sentais que j’avais besoin de développer mes compétences en développement de logiciels pour vraiment maîtriser ce sur quoi je travaillais.
À l’époque, je n’avais pas encore d’expérience sur des applications web. Oui, je pouvais faire un site, mais pas une application. Donc le back, c'était encore complètement inconnu pour moi.
Pendant mes études d’ingénierie électrique à l'université, j'ai commencé à créer des sites web de chez moi. J'ai découvert que l'itération d’une application web me plaisait beaucoup : je pouvais créer un MVP en seulement quelques semaines, voir les retours et l'améliorer. J'ai donc décidé de réorienter mon programme à l'université pour devenir ingénieur logiciel et consolider ces compétences.
Et avant l'université, tu codais déjà ?
Tout à fait. Quand j'étais lycéen, j'ai suivi un cours de développement web qui utilisait des outils comme HTML et CSS. Puis, vers 2016, je me suis mis au scripting avec Python pour la première fois. Mais je n’avais pas encore eu le déclic pour réaliser que le métier de développeur était vraiment fait pour moi. C’est en me confrontant à la pression et à la complexité du monde du travail que j’ai compris que c’était ce que je voulais faire.
Se former par l’expérience : de l’université à l’entrepreneuriat
Tu peux m’en dire plus sur tes années post-université ? Il me semble avoir vu sur ton profil LinkedIn que tu t’étais lancé à ton compte à un moment donné…
Tout à fait ! Après avoir effectué mon stage d'ingénieur système, j'ai aussi eu l'idée de créer mon propre stage de fin d'études en développant une application avec des vrais clients ! Il me fallait juste trouver le domaine, le produit à créer… mais l’inspiration n’était pas loin.
Mon père est Opérateur des sites de traitement de l’eau, un secteur très “papier”. Je m'étais toujours intéressé à son métier, et son équipe était très entreprenante. Pour moi, c'était l'opportunité parfaite : je connaissais les bases du métier, mon père était un expert et son patron testait souvent des nouvelles technologies dans le secteur. J'ai donc demandé l'autorisation à mon père de proposer la solution web idéale pour son équipe, sans engagement, dans le cadre de mes études en tant qu’ingénieur logiciel.
Pendant un peu plus d'un an, j'ai donc travaillé sur ma première application web dans le domaine de traitement d'eau à la fois en tant que owner, designer et développeur. Cette expérience m’a donné la confiance et les compétences nécessaires pour débuter dans le métier et m’intégrer efficacement dans la vie d’une scale-up.
Mais la qualité n'était pas au rendez-vous, et je n’y connaissais pas grand-chose ! Faute d’un accord commercial pour continuer après mes études, j’ai dû clôturer ce mini projet entrepreneurial.
Qu’est-ce que cette expérience t’a appris ?
Je dirais qu’elle m’a appris à écouter le client et à mettre ses besoins en priorité. On peut avoir une application irréprochable sur le plan technique, mais si elle ne répond pas aux besoins essentiels, alors tout le travail aura été fait en vain. Il faut avoir cette capacité à renoncer à certaines fonctionnalités qu’on pense pertinentes, car, si les données ne les confirment pas, si les clients ne les adoptent pas, alors elles ne doivent pas rester. Cette expérience m’a appris à mettre en perspective le rôle de la technologie : elle est essentielle, mais toujours au service du produit et de l’usage, jamais une fin en soi.
Après cette expérience, tu as tout de même continué dans cette voie ?
Oui, j’ai obtenu mon diplôme en tant que Computer Scientist à l'Université de Maryland Baltimore County (UMBC) en décembre 2020. Sur papier, trouver du travail pour un développeur, c’était facile. Sauf que, dans la pratique, pour un jeune diplômé sans expérience en CDI pendant la pandémie, ce n’était pas si simple.
Après avoir envoyé mon CV à plus de 300 entreprises américaines, j’ai été embauché en CDI dans une société de gestion immobilière basée à plus de 2 000 km de chez moi, dans l'Oklahoma. J’ai donc déménagé là-bas en pleine pandémie et j’y suis resté neuf mois. Dans cette boîte, j’ai découvert que le défi technique principal était la dette technique. J'ai travaillé sur des applications qui étaient sur le marché depuis 20 ans, et j’ai eu beaucoup de mal à gérer le manque de liberté après avoir créé une application de rien depuis chez moi. En réalité, je n'avais pas encore la maturité de développer, planifier et travailler en équipe.
Suite à cette expérience, tu as donc décidé de rejoindre la French Tech ?
Tout à fait, j’avais envie de travailler sur quelque chose de nouveau. Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser à la vie en startup. J’ai fait des recherches sur les incubateurs, aux États-Unis, mais aussi à l’international. Mon attention s’est portée sur la France : au-delà du fait que j’ai toujours eu une affinité avec le pays depuis un échange scolaire au lycée, j’ai découvert qu’il regroupait des licornes intéressantes, et que le secteur était assez dynamique. C’est donc comme ça que j'ai choisi de rejoindre une start-up de la Station F en 2021 grâce au French Tech Visa.
On recrute !
Rejoindre le mouvementOn recrute !
Découvrez nos métiers, nos équipes et nos opportunités de recrutement.
On recrute !
Construire et faire évoluer un produit chez Kolecto
Parlons maintenant de Kolecto. Comment s’est passé le process de recrutement ? Qu’est-ce qui a fait la différence par rapport à d’autres boîtes ?
Lors du process de recrutement en 2023, j’ai rencontré Raphaël, Lead Back-End à l'époque [notre Head of Engineering depuis décembre 2025], Camille, l'une de nos Engineering Managers et Neila, notre CEO. Ce qui m’a attiré, c'était leur motivation, leur ambition à créer un outil à destination des TPE/PME. Ce niveau de motivation collait parfaitement à mes expériences en tech.
Techniquement parlant, c’était le côté back-end du poste qui m'intéressait. J’ai toujours été développeur dit “full stack”, et je trouvais ça très pertinent de passer en back-end pour développer ces compétences à fond.
À l’époque, j’étais le deuxième Développeur Back-End à signer un CDI chez Kolecto ! C'était tôt dans l’aventure. On travaillait tous dans le même open space et on n'avait besoin que d’une dizaine de places pour travailler.
En 2025, tu as changé de poste ?
Oui, j’ai effectué une mobilité interne qui m’a permis de passer d’un poste de Back-End Software Engineer, que j’occupais depuis deux ans, à un rôle de DevOps. Chez Kolecto, ce type d’évolution est assez naturel : les développeurs front-end ou back-end peuvent évoluer vers des postes de full stack voire de Staff Engineer. La mobilité et l’évolution professionnelle, c’est vraiment dans l’ADN de Kolecto : on est encouragé et accompagné pour évoluer.
Quels langages utilises-tu en back-end et DevOps ?
Aujourd’hui, la totalité du back-end Kolecto est en TypeScript. Ce qui est vraiment appréciable avec TypeScript, c’est qu’il s’appuie sur l’écosystème JavaScript. Peu de langages offrent un écosystème aussi riche et facilement exploitable pour les équipes.
Côté DevOps, on est une boîte Terraform et Cloud. On implémente donc notre architecture de réseau, de stockage et de computation via des ressources Terraform chez nos fournisseurs de cloud, un type de code dit Infrastructure-as-Code pour standardiser et documenter nos implémentations.
Si tu devais décrire ta “routine” chez Kolecto, ça donnerait quoi ? Comment tu t’organises au quotidien ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que mon travail ne se limite pas au code ou au débogage. Chez Kolecto, notre quotidien est vraiment guidé par la structure et la culture des équipes. Alors, quand je ne suis pas en train de développer des solutions d’infrastructure ou de faire évoluer notre code, je conçois les solutions de demain et je partage mes connaissances avec l’équipe.
Chez Kolecto, les équipes tech et produit sont organisées en squads, qui vont de quatre à huit personnes, qui appartiennent elles-mêmes à des tribes couvrant un domaine métier plus large comme la facturation ou la gestion des intégrations partenaires par exemple. La plupart des squads sont composées de quelques développeurs, un Product Manager, un Designer, et un Engineering Manager.
Chaque équipe a des rituels d’agilité : une réunion stand-up tous les matins, des comités d’architecture hebdomadaires ouverts à l’ensemble des équipes, mais aussi des rétrospectives et des post-mortem (retours d’expérience) organisés une à deux fois par mois suite à des incidents techniques. Sans oublier le “raffinement” de tous nos sprints agiles, qui consiste à déterminer la complexité et la priorité des tâches à effectuer et à les répartir au sein de l’équipe.
Grandir avec le produit : deux ans au cœur de l’évolution de Kolecto
Aujourd’hui, ça fait plus de deux ans que tu es chez Kolecto. Comment as-tu vu le projet évoluer ? Tu pourrais nous faire une rapide rétrospective ?
J’ai connu trois phases du produit : d’abord un premier MVP, accessible à une poignée de clients sélectionnés ; puis un deuxième MVP, lancé en bêta fermée gratuite ; et enfin, une troisième phase avec l’arrivée du pilote payant.
Aujourd’hui, les enjeux sont totalement différents. Beaucoup de membres de l’équipe ont vécu le changement de startup à scale-up. Mais on fait les bons choix, on nettoie, on continue de développer de nouvelles fonctionnalités… On se prépare pour la prochaine vague d’inscription en ce début d’année.
Qu’est-ce qui te stimule le plus dans ton travail chez Kolecto ?
Créer : créer quelque chose dans un écosystème ultra-compétitif. C’est stimulant en tant qu’ingénieur logiciel.
J’apprécie la dynamique de l’équipe technique. En tant que DevOps, il faut faire avec les contraintes et les exigences de chacun de nos collaborateurs internes et externes, savoir arbitrer, négocier, pivoter quand c’est nécessaire. C’est le quotidien de mon équipe et c’est précisément ce qui me plaît aujourd’hui.
Continuer à apprendre et à transmettre
Tu fais de la veille au quotidien ? Est-ce qu’il y a des sujets qui te passionnent ?
Oui. Je vois beaucoup de nouveautés passer sur LinkedIn et techniquement, c'est là où je fais beaucoup plus de veille. Je passe pas mal de temps sur YouTube, notamment des talks issues de conférences tech.
J’aime surtout les défis techniques, comme réécrire des projets en TypeScript ou JavaScript dans des langages plus efficaces comme Rust ou Go, qui sont pour le moment minoritaires, mais avec tous les avantages de ces langages, on va s’y intéresser de plus en plus.
Récemment, je me suis replongé dans des langages historiques basés sur Lisp qui datent des années 50 et 60. C’est très fun !
Si tu avais un message à faire passer à de futurs candidats, tu leur dirais quoi ?
Mon conseil, c’est de venir avec l’envie d’apprendre. Chez Kolecto, on a la chance d'avoir des profils super variés, que ce soit en tech ou en produit, et on apprend énormément au contact des uns et des autres.
On n’est pas du tout dans un environnement fermé ou figé. Ce qui compte vraiment, c’est d’avoir envie d'aider concrètement les TPE/PME. Donc, sois curieux et n’aie pas peur d’apporter ton propre bagage : c'est justement cette diversité qui fait qu'on avance.
